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Interdit de consommer du cannabis 8 heures avant d’aller travailler

Interdit de consommer du cannabis 8 heures avant d’aller travailler
Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

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OTTAWA | Les militaires canadiens ne pourront pas fumer de cannabis dans les huit heures précédant leur quart de travail, moins de 24 heures avant l’utilisation d’une arme ou un véhicule ou 28 jours avant toute tâche touchant un avion ou un navire.

Vendredi, la direction des Forces armées canadiennes (FAC) a annoncé une série de contraintes assez sévères entourant la consommation de cannabis qu’elle imposera à ses employés dès la légalisation, le 17 octobre prochain.

«La légalisation du cannabis constitue un changement marquant. Les membres des FAC doivent faire des choix responsables concernant l’usage de cannabis, écrit le Chef de l’état-major Jonathan Vance dans une directive transmise à tous les employés. Tout membre des FAC doit également comprends que le cannabis peut affecter l’attention, la fonction cognitive, l’humeur, la mémoire, le jugement et l’habileté motrice.

«Toute allégation d’usage inapproprié de cannabis qui mettrait à risque la sécurité et l’efficacité opérationnelle des FAC [...] fera l’objet d’une enquête et sera traitée par le biais de la mesure administrative ou disciplinaire la plus appropriée, ou les deux, et pourrait entraîner la libération des FAC», avertit le général.

Sans surprises, il sera interdit de consommer ou même d’avoir en sa possession du cannabis à tout moment lorsqu’un membre des FAC est au travail, ou lors d’un exercice ou déploiement militaire à l’international.

La directive touche aussi les élèves officiers étudiant dans un collègue militaire canadien, qui n’aura pas le droit de consommer tant qu’ils n’auront pas obtenu un congé.

Sanctions

Afin de s’assurer du respect de cette nouvelle directive, tous les membres sont tenus de dénoncer tout collègue qu’ils soupçonnent être sous l’influence de la drogue à leur commandant. Dans plusieurs cas, la direction se donne aussi le droit de commander des tests de dépistage.

La directive inscrit même certains symptômes qui peuvent indiquer qu’un militaire est sous l’influence du cannabis, dont : «yeux rouges ou vitreux, volubilité inhabituelle, réaction lente, léthargie et démarche chancelante».

Pour sa part, le Lieutenant-général Charles Lamarre, commandant du Commandement du personnel militaire, croit que le nombre de membres des FAC qui vont consommer du cannabis après la légalisation est minime. Les forces ont d’ailleurs passé un an à élaborer cette nouvelle directive pour s’assurer de ne rien manquer.

«Nos membres savent qu’on s’attend à beaucoup de choses d’eux et qu’ils doivent être en possession de toutes leurs facultés. On se fie beaucoup sur le professionnalisme des Forces armées canadiennes. Je pense que la grande majorité des gens vont faire bien attention d’être sûrs qu’ils sont toujours prêts», dit-il, ajoutant qu’il ne compte «absolument pas» consommer du cannabis après la légalisation.