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Émanations d’arsenic: le maire de Montréal-Est tenu dans l’ignorance

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu.
Photo tirée de Linkedin Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu.

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MONTRÉAL-EST | Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, s’est montré inquiet face aux conclusions d’un rapport de la santé publique montrant que la concentration d’arsenic dans l’air d’un quartier de sa ville atteindra cette année 200% de la limite fixée.

«Le rapport demeure préoccupant», a dit le maire de Montréal-Est à TVA Nouvelles dans la foulée de la publication samedi d’un article sur le sujet de notre Bureau d’enquête.

La source de contamination est l’immense usine de transformation de cuivre CCR située avenue Durocher révèle le rapport des autorités de santé publique. L’arsenic est cancérigène. La substance est un poison, inodore et invisible, mais très toxique.

«Je vais demander à cette entreprise-là de se conformer et de respecter les normes», a soutenu le maire Coutu, samedi. Ce dernier déplore avoir été tenu dans l’ignorance. «Non, ce n’est pas normal. En même temps, en le sachant par les médias, on travaille ensemble.»

Le rapport a été affiché sur le site internet de la Direction de la santé publique de Montréal plus tôt ce mois-ci, mais n’a pas fait l’objet d’une annonce publique.

Les autorités sanitaires soutiennent que «la population n’a pas à s’inquiéter des concentrations qui, bien qu’au-dessus des normes [...] demeurent tout de même très faibles».

«La Direction régionale de santé publique (DRSP) considère toutefois que des actions concrètes doivent être mises en place afin que la population ne soit pas exposée de façon chronique à des concentrations plus élevées que la norme [...] et que les concentrations n’augmentent pas au fil du temps».

Une des recommandations du rapport est que l’entreprise définisse, «à court terme, de nouvelles mesures d’atténuation qui permettraient de diminuer les émissions et de respecter les normes de la Ville de Montréal et du MDDELCC (ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques)».

L’usine a laissé entendre à notre Bureau d’enquête qu’elle se conformera aux recommandations des autorités.

En 2011, selon le rapport, les émanations d’arsenic dans l’atmosphère dans le secteur de Montréal-Est affecté par les activités de l’usine CCR dépassaient de 400% la norme du ministère. «Un dépassement des normes persiste malgré la mise en place du dépoussiéreur et des autres mesures d’atténuation inscrites au plan d’action de l’affinerie CCR», peut-on lire dans le document.

L’entreprise CCR, une filiale du groupe suisse Glencore, a refusé les demandes d’entrevue de TVA Nouvelles, samedi, et la Direction régionale de la santé publique n’a pas rappelé la chaîne de télévision.