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«Je préférerais qu’on me reconnaisse pour mes chansons rock»

«Je préférerais qu’on me reconnaisse pour mes chansons rock»
Photo AFP

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Pour plusieurs, Chris de Burgh est l’homme d’une seule chanson. La fameuse The Lady in Red. La vedette britanno-irlandaise estime cependant que son hit planétaire fausse les perceptions à son égard.

C’est que Chris de Burgh, voyez-vous, aimerait qu’on le perçoive comme un rockeur plutôt qu’un chanteur de charme. « Je préférerais qu’on me reconnaisse pour Don’t Pay The Ferryman ou High on Emotion, qui sont de très bonnes chansons rock », confie-t-il, en entrevue téléphonique avec Le Journal.

Or, comme l’arbre qui cache la forêt, beaucoup de gens qui détestent The Lady in Red ne se donnent pas la peine d’écouter ses autres chansons, se désole l’artiste de 69 ans.

« J’ai rencontré un gars récemment qui venait à un de mes concerts avec sa blonde. Au début, il lui a dit : mon Dieu, je n’ai pas envie d’écouter toutes ces ballades. Et à la fin, il lui a dit : crisse (sic), ce gars peut rocker d’aplomb. »

N’allez cependant pas croire que Chris de Burgh déteste sa femme en rouge. Il est bien conscient que c’est cette chanson qui lui a ouvert les portes du monde entier.

« Quand je l’ai enregistrée, je ne croyais pas qu’elle durerait aussi longtemps. Je me rappelle en studio avoir dit au coproducteur de l’album Into the Light : tu sais quoi ? Je la sens, celle-là, je crois qu’elle va être numéro un quelque part dans le monde, même si ce n’est qu’en Bolivie. »

On connaît la suite. Disons que de Burgh avait grandement sous-estimé l’impact de sa ballade.

Grimper la montagne

Né en Argentine, Chris de Burgh ne rêvait pas d’une vie consacrée à la musique quand il était jeune. Ses plans ont bifurqué quand son grand-père, le général Eric de Burgh, a acheté un château qu’il a converti en hôtel en Irlande.

« À cette époque, nous n’avions pas de télé. Je n’avais qu’une guitare et, à l’âge de 14 ou 15 ans, j’ai commencé à chanter à l’hôtel. Alors, quand j’ai commencé à gagner ma vie professionnellement, j’avais déjà donné des centaines et des centaines de shows, parfois seulement pour une poignée de gens, dans notre château. Ça m’a donné beaucoup d’assurance », évoque celui qui, armé d’un tel parcours, se pose en détracteur des concours de chant télévisés qui promettent la gloire instantanée à de jeunes artistes.

« Je les plains parce que leur carrière va ressembler à une étoile filante. C’est presque impossible de nos jours de penser faire une longue carrière. Même cinq ans, c’est très dur. Quand tu vas à la télé, tu n’apprends pas comment grimper la montagne. On t’installe au sommet en hélicoptère. Pourtant, il faut se planter quelques fois pour comprendre à quel point cette industrie est difficile. »

L’appui du Québec

Dans sa propre ascension vers les sommets, Chris de Burgh se réjouit d’avoir pu compter sur le soutien des Québécois. « C’est ici que tout a commencé », dit-il, après avoir assuré qu’il converserait en français avec ses fans lorsqu’il sera de passage à Québec et Montréal dans deux semaines.

« Mon premier album avait connu du succès en Amérique du Sud. À mon deuxième, j’en étais à l’étape où j’attendais désespérément de bonnes nouvelles. Soudainement, CHOM et CKOI ont commencé à jouer ma musique. C’était à l’époque où on jouait parfois un album en entier à la radio. Tout à coup, Chris de Burgh est devenu un gros nom à Montréal et dans la province de Québec. Ailleurs, je n’étais qu’un gars qui jouait dans de petites salles avec sa guitare, alors que chez vous, je me retrouvais au Forum et au Colisée. »

Et ses liens tissés très tôt dans les années 1970 ne se sont jamais défaits, observe avec bonheur la star. « J’ai une immense affection pour votre coin de pays. Quand je monte sur la scène dans ces deux villes, on me fait des ovations qui me tirent des larmes. Il y a tellement d’émotion. »


Chris de Burgh en solo, en concert le 23 septembre, au Capitole de Québec, ainsi que les 24 et 25 septembre, au Théâtre Saint-Denis, à Montréal.