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Le côté sombre de Nicolas Cage

Le côté sombre de Nicolas Cage
Photo courtoisie, Koch Media GmbH

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Le cinéaste canadien Panos Cosmatos était prêt à tout pour avoir Nicolas Cage dans son film Mandy. Même à réécrire complètement un personnage pour l’adapter à l’acteur américain.

Panos Cosmatos avait une idée bien précise en approchant Nicolas Cage.

« Je voulais qu’il joue le rôle du méchant. On l’a déjà vu dans des rôles plus sombres, mais j’avais envie de le pousser encore plus loin, jusque dans des zones qu’il n’a jamais explorées », a rapporté Panos Cosmatos en entrevue avec Le Journal lors de son passage au festival Fantasia le mois dernier.

Ainsi, l’acteur américain devait prêter ses traits au gourou d’une secte violente qui kidnappe et tue – de manière particulièrement brutale – le personnage-titre de Mandy... avant de faire face au conjoint de cette dernière, qui n’arrêtera devant rien pour venger sa douce.

Le cinéaste Panos Cosmatos offre un environnement sombre et barbare avec ce Mandy.
Photo courtoisie, Koch Media GmbH
Le cinéaste Panos Cosmatos offre un environnement sombre et barbare avec ce Mandy.

Un « cadeau de Dieu »

Mais le destin en aura toutefois voulu autrement. Et Nicolas Cage aussi. L’acteur a bel et bien été captivé par le scénario de Mandy, mais en préférant le rôle du héros à celui du vilain. D’abord surpris et « le cœur brisé », le cinéaste est rapidement retourné à sa table de travail.

« Le personnage du héros, Red, était initialement beaucoup plus jeune. Mais j’ai réalisé que l’intérêt de Nicolas Cage était un véritable cadeau de Dieu. Alors, il fallait que je voie où cette nouvelle avenue pouvait me mener. J’ai beau avoir été terriblement déçu au départ, j’ai bien vite réalisé que c’était une idée géniale. Puisque le héros était un personnage plutôt simple sur papier, un acteur de la trempe de Nicolas Cage a réussi à lui apporter beaucoup plus de panache », relate Panos Cosmatos.

« Et c’est ce que j’ai réalisé en travaillant avec Nicolas Cage. J’ai découvert un acteur extrêmement ouvert, créatif, dévoué et absolument sans peur. On a été sur la même longueur d’onde dès le premier jour de tournage », ajoute-t-il.

Mandy Bloom (Andrea Riseborough).
Photo courtoisie, Koch Media GmbH
Mandy Bloom (Andrea Riseborough).

Des influences évidentes

En entrevue, le cinéaste admet préférer ne pas révéler ses influences. Mais lorsqu’on lui souligne des clins d’œil, tantôt évidents, tantôt plus subtils, à des œuvres telles que Hellraiser et Evil Deal, Panos Cosmatos ne peut s’empêcher d’acquiescer.

« Je n’aime pas être très spécifique dans mes influences, car je préfère les laisser parler d’elles-mêmes et les garder plus subtiles, organiques. Mais c’est vrai que Red est semblable en plusieurs points à Ash [le héros de la trilogie Evil Dead]. Par contre, il est encore plus déchiré, tourmenté et névrosé », dit-il en riant.

En effet, le héros de Mandy n’a rien d’un enfant de chœur. Et les bas instincts auxquels il succombe pour assouvir sa soif de vengeance s’avèrent souvent d’une violence aussi extrême que graphique. À ce sujet, Panos Cosmatos est conscient que certains trouveront son Mandy trop sanguinolent. Mais il s’agit là d’un choix pleinement assumé de sa part.

« Le film est barbare, il se déroule dans un environnement très sauvage. Il allait de soi qu’il serait aussi violent et sanglant. Je ne pouvais vraiment pas mettre Mandy­­­ en images sans y aller à fond dans cette avenue », explique-t-il.

« Mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’aime les films d’épouvante. L’horreur est une des formes de cinéma les plus pures. Le genre est souvent dénué de toute forme de prétention pour ne garder que l’essentiel : une expérience sensorielle et émotionnelle intense », dit Panos Cosmatos pour conclure.


Mandy prendra l’affiche vendredi.