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Les lanceurs d’alerte

Démantèlement tranquille
Courtoisie Démantèlement tranquille|Le Québec à la croisée des chemins
Collectif sous la direction de Steve E. Fortin, Éditions Québec Amérique

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Ils sont dix-sept venus de différents milieux, des universitaires et des intellectuels, certes, mais des chanteurs, des agriculteurs, des poètes, à sonner l’alarme. Le Québec serait à la croisée des chemins et au prochain rendez-vous électoral, les Québécois auront à décider « ce qu’ils entendent faire du modèle québécois, fruit de la Révolution tranquille et de décennies d’innovations économiques et sociales ».

Je ne suis pas certain, quant à moi, que la population qui s’apprête, semble-t-il, à voter majoritairement pour la CAQ entend par le fait même rejeter consciemment les acquis de cinquante ans de luttes et de revendications diverses. Le populisme rapporte toujours à court terme et la CAQ en fait largement usage dans ses promesses électorales. Promettre d’assainir les finances publiques en coupant dans le soi-disant bois mort des fonctionnaires produit toujours son petit effet « positif ».

Cul-de-sac

Oui, ce livre est nécessaire, mais il prêche devant des convaincus malheureusement, même si on affirme qu’en ouvrant une large ligne de discussion, le rejet du néolibéralisme risque de faire tache d’huile. Il faudrait se poser la question du comment convaincre les mécontents de la gestion médiocre du gouvernement libéral que la CAQ nous emmène tout droit dans le même cul-de-sac de l’État-entreprise.

Cette nécessité de débattre et de discuter, Marie-France Bazzo la fait sienne. « Deux ou trois émissions hebdomadaires, de radio et de télé, pis on se ferait moins passer de p’tites vites... » conclut-elle. Luc de Larochellière abonde dans le même sens en affirmant qu’il ne faut jamais hésiter à formuler haut et fort nos désirs, nos rêves, qui sont à la base de notre culture et de notre affirmation collective.

Il est bon de voir Marilyse Hamelin répondre à la chroniqueuse Francine Pelletier, du Devoir, qu’elle accuse de porter des lunettes roses en affirmant que la CAQ aurait effectué un recentrage de ses politiques traditionnellement de droite et que l’arrivée de l’homme d’affaires Alexandre Taillefer comme chef de la campagne de Philippe Couillard laissait entrevoir « un retour au Parti libéral des grands jours [...] plus branché et plus cool intellectuellement ». Quelle naïveté de la part de cette pourfendeuse du nationalisme québécois !

Pour sa part, Simon-Pierre Savard-

Tremblay montre comment le PLQ a mis l’État québécois au service des entreprises privées, en liquidant les actifs de la Révolution tranquille. Il faut gâter les investisseurs, leur donner tout le lest dont ils ont besoin, sinon ils iront chez le voisin. Les partenariats public-privé (PPP) en sont un bel exemple. Les services publics deviennent autant d’occasions d’affaires où le bien-être du citoyen est relégué loin derrière d’autres considérations plus matérialistes. À force d’obéir aux dogmes de la mondialisation, nous allons bientôt devenir une « province comme les autres », déplore-t-il. Yannick Marcil abonde dans le même sens. Pour lui, ces PPP sont loin d’avoir permis de réaliser des économies : « privatisation des profits et socialisation des risques ».

Millénariaux

Même constat alarmant chez Roméo Bouchard, qui déplore lui aussi que « l’État québécois avait mis en place, à l’encontre de la culture libérale anglo-saxonne ambiante, un filet social qui n’a pas d’équivalent au Canada ni en Amérique ». On dirait que plus rien ne peut arrêter cette tendance à la désintégration du modèle québécois issu de la Révolution tranquille. Bouchard va jusqu’à pointer du doigt les milléniaux qui « ne semblent pas mesurer le danger que nous courons comme peuple distinct ». Ces mêmes milléniaux dont on dit qu’ils vont voter pour le PLQ et qui semblent se désintéresser de l’héritage de notre histoire nationale.

En conclusion de ce survol qui ne laisse aucun doute sur ce qui nous attend le soir du 1er octobre prochain, Gérald Larose stigmatise durement le projet de la CAQ « qui a fourni à l’équipe libérale ses principaux goons pour faire “la job de bras” aux grandes politiques sociales progressistes du Québec. [...] Vous avez aimé Couillard ? Vous adorerez Legault ! »