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Martin Giroux : «C’est un tournant dans ma vie»

Martin Giroux : «C’est un tournant dans ma vie»
Photo d'archives Agence QMI, Sébastien St-Jean

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C’est avec beaucoup de fébrilité que Martin Giroux a repris tout récemment son rôle de Phœbus dans la comédie musicale Notre Dame de Paris, actuellement présentée au Québec à l’occasion du 20e anniversaire de sa création. Ce rôle, il l’a déjà joué plus d’une centaine de fois depuis près de deux ans, principalement en Europe, et il avoue que cette aventure a marqué un grand tournant dans sa vie.

Martin, comment cette aventure avec Notre Dame de Paris a-t-elle débuté pour vous?

J’ai reçu un appel en 2014 afin de passer une audition pour être la doublure dans les rôles de Phœbus et de Gringoire. On m’a choisi, mais à ce moment-là, ça ne s’intégrait pas facilement dans mon horaire. J’ai donc dû décliner l’offre. On m’a quand même invité à aller participer à des répétitions en novembre 2014 à Paris, durant trois semaines. Finalement, en novembre 2015, on m’a offert le rôle principal de Phœbus, et j’ai sauté là-dedans à pieds joints. Je peux dire que c’est un tournant dans ma vie.

Vous avez longtemps joué sur scène avec des musiciens. Comment vivez-vous le fait de participer à une production où vous êtes entouré de si nombreux collègues?

C’est complètement autre chose! On est environ une trentaine à participer au spectacle sur scène, et c’est différent dans le sens où je dois me mettre dans la peau de mon personnage et faire ressentir ses émotions, ce que j’avais rarement eu l’occasion de faire avant. J’ai été super bien «coaché» par Robert Marien, je lui dois vraiment beaucoup; ainsi qu’au metteur en scène Gilles Maheu.

Aimeriez-vous participer à d’autres spectacles du genre?

Oui, vraiment. Et honnêtement, je ne pensais jamais que ça m’arriverait. Je suis un gars de «band», j’aime faire du rock sur scène, chanter mes chansons. Mais avec Notre Dame de Paris, même si j’ai déjà participé à plus de 150 spectacles, chaque soir je «tripe» toujours autant d’être sur scène.

Votre participation à ce spectacle vous a permis de beaucoup voyager...

C’est fou! Je vois des endroits où je n’aurais jamais osé imaginer aller dans ma vie, par exemple Saint-Pétersbourg, en Russie, et Istanbul, en Turquie. J’ai passé neuf mois en France, à visiter tout le pays. On dirait que je suis dans un rêve: je vois plein de choses, tout en ayant la chance de faire ce que j’aime. Lorsque j’ai commencé à faire de la musique quand j’étais jeune, je me disais que j’aimerais un jour aller chanter en Europe. Et là, ça se passe... En plus, Notre Dame de Paris m’a permis de faire de belles rencontres.

Vous souvenez-vous de la toute première fois que vous avez tenu le rôle de Phœbus?

C’était une avant-première, dans le nord de la France: on avait deux spectacles à faire avant d’aller le présenter à Paris. Je pense que je n’ai jamais été aussi nerveux, sauf à la première médiatique à Paris, qui avait lieu le 23 novembre. C’est vague dans ma tête, tellement j’étais stressé. Je ne me rappelle pas comment ça s’est passé! Je n’avais jamais incarné un personnage, mais aujourd’hui, après l’avoir joué si souvent, je suis plus posé, je prends plus le temps d’apprécier ce qui se passe et tout ce que je vis.

L’an prochain, ça fera 15 ans que le public vous a découvert à Star Académie et... vous aurez 40 ans! Est-ce que ce sont des chiffres importants pour vous?

Ça passe tellement vite! Parfois, avec ma famille, on reparle de tout ça, on regarde des vidéos sur YouTube, et il me semble que c’était hier que je participais à Star Académie. Je revois mes parents qui assistaient à la finale masculine, quand j’avais chanté Le cœur est un oiseau, assis, les yeux pleins d’eau en train de m’écouter chanter.

À cette époque-là, vous avez eu un cancer très rare au poignet gauche pour lequel vous avez subi une opération. Cet épisode est-il définitivement derrière vous?

C’était en 2003, et je crois que c’est en 2009 que mon médecin m’a dit que tout était réglé. Depuis, ça va très bien.

Avez-vous eu des craintes que la maladie réapparaisse un jour?

Pour être franc, j’essaie de ne pas y penser. Je sais que j’ai vécu ça, mais c’est loin derrière moi. Je suis du genre à vivre au jour le jour. Si je dois faire face à la maladie de nouveau, je le ferai. Ce n’est pas quelque chose qui me hante.

Vous êtes père d’une fille...

Oui, Marine va avoir six ans en janvier et elle vient de commencer l’école.

Vous devez trouver cela difficile lorsque vous êtes à l’extérieur du pays pour le travail...

C’est sûr que ce côté-là du métier est très difficile. Je n’ose même pas imaginer les artistes qui vivaient ça quand FaceTime n’existait pas. Déjà, avec FaceTime, je trouve ça dur: je ne peux pas prendre ma fille dans mes bras avant qu’elle aille se coucher, je peux juste lui dire: «Bonne nuit» à l’écran. Le fait d’être éloigné de mes proches et de ne pas être en compagnie de ma fille, c’est l’aspect le plus difficile du métier. Au moins, je vais pouvoir être fier et lui dire plus tard que je faisais ce que j’aimais dans la vie, et je vais toujours l’encourager dans tout ce qu’elle voudra faire. Moi, jamais personne ne m’a découragé de faire ce métier-là, au contraire. Mes parents m’ont toujours appuyé à fond, et je vais faire la même chose avec Marine.

Notre Dame de Paris est présentée dans plusieurs villes au Québec, notamment à Montréal jusqu’au 6 octobre. Pour connaître toutes les dates, visitez www.notredamedeparis.ca.