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Pour le plaisir d’entendre Marie Laberge!

Pour le plaisir d’entendre Marie Laberge!
Photo courtoisie, Michel Cloutier

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L’écrivaine et dramaturge Marie Laberge, grande dame du théâtre et de la littérature québécoise, a repris sa voix de théâtre pour dire les deux versions de sa série Des nouvelles de Martha, soit celle qui s’adresse aux femmes et celle qui s’adresse aux hommes. Ces beaux récits qui ont plu à des dizaines de milliers d’abonnés, pendant trois ans, sont maintenant disponibles en version audio.

Entendre Marie Laberge raconter les monologues de Martha est un pur bonheur : on se laisse bercer par ses mots, par le ton très posé de sa voix, par la musicalité du récit, par les réflexions pleines de vie de ce personnage chaleureux et attachant.

« L’année après la fin Des nouvelles de Martha, les gens me demandaient s’ils pouvaient les avoir », explique-t-elle en entrevue. « Je me suis demandé quelle sorte d’édition je pouvais faire, et je trouvais tout le temps ça plate, parce que ça maquillait beaucoup l’idée première, qui était une idée d’intimité. »

Elle rappelle le procédé Des nouvelles de Martha. « On arrivait chez les gens : ils décachetaient leur roman à chaque deux semaines, et le roman était adressé à leur nom. Ça, pour moi, c’était puissant, et c’est ce qui avait fait la qualité de Martha. Enligner les lettres pour hommes et les lettres pour femmes dans un livre, ça trahissait le projet. Je me suis dit : la seule affaire qui serait bonne, ce serait de le dire à l’oreille des gens. Ça reste intime, c’est la voix, qui est chaude, et dire Martha, au lieu de l’imprimer. »

Parmi tous les livres qu’elle a faits, elle juge que c’est Martha qui était parfaite pour un livre audio. « C’est vraiment parler à l’autre. On n’est pas en train de faire des dialogues en changeant un petit peu de voix pour que le monde suive. »

« On est vraiment dans le même rapport intime d’une femme sensée, raisonnable, modeste, mais pleine de vie et d’envie de vivre, qui s’exprime à une autre personne. »

Femme de théâtre

Marie Laberge, une femme de théâtre, sait dire une histoire. C’est un privilège de l’entendre. « Les gens me disaient souvent que, quand ils lisaient les lettres, ils avaient l’impression que Martha, c’était Marie. J’ai décidé de les enregistrer, c’est clair que c’était pour moi. Et j’avais envie de le faire. J’avais la sensation que je ne lésais rien dans Martha en la prenant dans ma voix et dans ma peau. »

L’écrivaine avait l’impression d’offrir une continuité. « C’est comme une amitié qui s’est faite avec les gens, et j’avais l’impression que l’amitié pouvait se resserrer à travers ma voix, qui portait cette femme. Et puis j’ai ressuscité l’actrice ! »

Martha n’est pas Marie

Elle a adoré faire ces enregistrements, accompagnés d’une trame musicale originale d’André Lachance. « Le plaisir était là, et c’est une femme que je comprends parfaitement. C’est pas moi, cette femme-là. C’est pas quelqu’un comme moi. »

Il y a des choses qui se rapprochent d’elle, et d’autres qui ne sont pas personnelles. « C’est important : c’est un personnage. Mais je pouvais l’endosser sans aucun scrupule, sans gêne, sans réserve. Et c’était bien. »

Les deux versions de 39 heures chacune sont différentes – l’une s’adresse aux hommes et l’autre, aux femmes. « Quand j’ai fait la promotion de Martha, il y a 10 ans, je ne savais pas que Martha ne parlerait pas de la même façon aux hommes qu’aux femmes. Quand j’écrivais, même les proverbes n’étaient pas les mêmes. Le ton n’était pas pareil. »

Des nouvelles de Martha, Marie Laberge en version audio
Photo courtoisie
Des nouvelles de Martha, Marie Laberge en version audio
Pour le plaisir d’entendre Marie Laberge!
Photo courtoisie