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Jour J - 22 : Les comptables qui ne savent pas compter

Le chef du la Coalition Avenir Québec, François Legault, lors du dévoilement du cadre financier dans le cadre des élections provinciales 2018, samedi le 8 septembre 2018. CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI
Photo TVA Nouvelles Le chef du la Coalition Avenir Québec, François Legault, lors du dévoilement du cadre financier dans le cadre des élections provinciales 2018, samedi le 8 septembre 2018. CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

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Après Québec solidaire, c’était au tour de la Coalition avenir Québec de déposer son cadre financier, hier.
 
L’équipe de François Legault a présenté sa liste d’engagements, mais celle-ci est truffée d’oublis importants.
 
Chiffrer, mais juste à moitié
 
Critiqué à la fois par les libéraux et les péquistes, le cadre financier de la CAQ est muet sur plusieurs engagements pourtant réitérés par François Legault depuis le début de la campagne électorale.
 
Notamment, on ne retrouve pas dans ce mini-budget les engagements sur l’internet en région ( annoncé le 31 août), sur la francisation des immigrants ou encore sur les stationnements des hôpitaux à propos desquels la CAQ avait même créé une page web dédiée. (https://lesticketsdebarrette.com/).
 
Où sont rendus ces engagements ? Pouf, disparus.
 
Mais laissons de côté les dépenses un instant et regardons les revenus.
 
Pour le moins fantaisiste, le cadre financier de la CAQ mise entre autres sur un gain en efficacité des sociétés d’État pour finances les engagements annoncés depuis plus de 15 jours.
 
7 % plus d’efficience pour être exact. Pas 2 ou 3, 7. C’est fort de café comme disent les Français. Et la CAQ promet du même souffle qu’« aucune augmentation de tarifs, de taxes, ni d’impôt n’est prévue dans ce cadre financier. » Eh bien !
 
L’effet CAQ ?
 
François Legault prévoit dans son cadre financier que le Québec va vivre un « effet CAQ ». C’est-à-dire que toute la machine de la province va accélérer la cadence grâce à son gouvernement qui promet des investissements plus importants à travers le levier d’Investissement Québec.
 
Mais compter sur une croissance économique accélérée pour équilibrer un budget, c’est comme acheter une maison en faisant le pari qu’on va obtenir une augmentation de salaire inattendue. C’est un peu n’importe quoi.
 
D’ailleurs, François Legault oublie de dire où il va trouver les travailleurs nécessaires pour soutenir cette croissance. Le taux de chômage est déjà très bas et la CAQ promet de diminuer de 20% le nombre d’immigrants admis dès une première année. 
 
La CAQ affirme même que cette diminution de l’immigration pourrait se faire directement parmi la portion de l’immigration que contrôle le Québec, donc chez les immigrants économiques. C’est pour le moins contradictoire.
 
Silence Québec
 
Dans son cadre financier, la CAQ passe sous silence certains autres enjeux qui ont pourtant fait son pain et son beurre dans les dernières semaines. 
 
Caché dans une note en bas de page, la CAQ explique qu’elle ne compte plus sur la renégociation de l’entente avec les médecins spécialistes tant et aussi longtemps qu’une étude comparative ne sera pas complétée. 
 
Si on estime à 1 milliard la rémunération versée en trop, pourquoi ne pas l’inscrire au cadre financier ? François Legault a pourtant affirmé à plusieurs reprises qu’il allait déchirer l’entente s’il était élu. Aurait-il changé d’idée ?
 
L’autre grand mystère dans ce cadre financier, c’est l’ensemble des promesses pour la région de Québec. Région chouchou de la CAQ
 
À titre d’exemple, d’un côté de la bouche on affirme que les travaux pour la construction d’un 3e lien vont commencer dans un premier mandat. On sait même déjà où ces travaux seront réalisés, mais de l’autre côté de la bouche, on refuse d’en estimer les coûts. 
 
Pourquoi ? François Legault explique ce silence en disant qu’il n’a pas les moyens ou les ressources d’ingénieurs pour chiffrer ces engagements. Il promet donc n’importe quoi, les yeux fermés.
 
Il a pourtant présenté récemment une escouade économique d’« exception ». Est-ce qu’on doit comprendre que, finalement, tous ces gestionnaires extraordinaires, sont incapables de faire des recherches de comparables ? Ne savent-ils pas compter ?