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Le Québec rattrape (un peu) son retard sur l’e-sport avec Dreamhack 2018

Quand la clameur résonnait dans le stade, on se croyait (presque) à un match des Expos en se fermant les yeux.

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C’est ce weekend que se tenait la seconde édition de Dreamhack à Montréal et la première à s’installer dans l’illustre stade olympique.
 
Pèse sur start y était également et voici ce qu’on en retient. 

«La grosseur parfaite» selon Stephanie Harvey

Stephanie Harvey, athlète e-sport et porte-parole de Dreamhack 2018.
Photo: André Péloquin
Stephanie Harvey, athlète e-sport et porte-parole de Dreamhack 2018.

Selon la porte-parole et e-athlète, la décision de déménager l’événement dans un stade est un pari aussi osé (peur de l’imprévu, etc.) que relevé (Dreamhack a vendu le triple de billets que l’année précédente et toutes les entrées du samedi ont été écoulées).

«On ne s’attendait pas à ça», confie Mme Harvey, en revenant sur la journée de samedi. «En plus, on avait prévu le double de bracelets électroniques que l’année dernière pour cette journée-là [et ce n’était pas suffisant]!»

Vue d'ensemble du Dreamhack.
Photo: André Péloquin
Vue d'ensemble du Dreamhack.

Évidemment, l’engouement pour le e-sport local n’est pas encore comparable aux foules que les événements du genre peuvent attirent en Corée, par exemple.

«La superficie du stade olympique est comparable à celle d’autres événements [e-sport] à travers le monde, mais il manque encore quelques spectateurs», précise-t-elle tout en notant qu’Evo 2018 — un immense tournoi de jeux de combat — peut faire salle comble au Mandala Bay de Las Vegas avec un volet consacré qu’à un seul jeu: Street Fighter

Lambo, joueur allemand qui participait au tournoi StarCraft. Il a terminé troisième et a mis la main sur une bourse de 6 500$. Le gagnant du tournoi, le Finlandais Serral, a pour sa part récolté 20 000$.
Photo: André Péloquin
Lambo, joueur allemand qui participait au tournoi StarCraft. Il a terminé troisième et a mis la main sur une bourse de 6 500$. Le gagnant du tournoi, le Finlandais Serral, a pour sa part récolté 20 000$.

«On peut donc encore s’améliorer, mais, je crois quand même que [le stade] a la taille parfaite. Le temps d’attente pour tester des jeux — dont le nouveau Super Smash — était minimes et la plupart des joueurs mondiaux étaient accessibles», fait valoir l’athlète qui était également fort occupée sur le plancher à poser avec des fans et converser avec des collègues, dont les Sailor Scouts, une équipe féminine montréalaise d’Overwatch

De retour en pyjama, puis au combat

Tout comme des athlètes de sports plus traditionnels, Stephanie compte sur l'appui de commanditaires, dont Omen, des ordinateurs plus gaming signés HP. Des publicités mettant en vedette la joueuse québécoise étaient d'ailleurs affichés dans le stade pour l'occasion.
Photo: André Péloquin
Tout comme des athlètes de sports plus traditionnels, Stephanie compte sur l'appui de commanditaires, dont Omen, des ordinateurs plus gaming signés HP. Des publicités mettant en vedette la joueuse québécoise étaient d'ailleurs affichés dans le stade pour l'occasion.

Après ce marathon de trois jours — et les entrevues l’entourant —, Stephanie Harvey poursuivra la tournée d’événements Omen, son commanditaire, pour ensuite prendre du repos («j’ai hâte d’être en pyjama chez moi!» s’exclame-t-elle) et renouer avec le gaming.

«Les prochaines semaines, ça sera beaucoup de Counter Strike, car je vais tenter de me requalifier pour le WEG [NDLR: une compétition qui se tient en Chine] avec Team Canada.

»L’engouement pour Fortnite se poursuit 

Le tournoi de Fortnite.
Photo: André Péloquin
Le tournoi de Fortnite.

Bien que peu de spectateurs assistaient au tournoi de Fortnite organisé au Dreamhack, l’engouement pour le jeu était omniprésent.

Plusieurs boutiques offraient des produits inspirés du Fortnite — allant du tapis de souris au t-shirt — et des détenteurs de kiosques tentaient d’appâter les badauds en l’affichant sur des ordinateurs en démonstration. 

Des produits inspirés de Fortnite, dont des t-shirts Tilted Tower et Tomato Town.
Photo: André Péloquin
Des produits inspirés de Fortnite, dont des t-shirts Tilted Tower et Tomato Town.
Parmi les affiches, on retrouvait au moins un modèle inspiré de Fortnite.
Photo: André Péloquin
Parmi les affiches, on retrouvait au moins un modèle inspiré de Fortnite.

«Je crois que le monde aime Fortnite, car c’est un jeu accessible, mais aussi unique en son genre. Pour s’y distinguer, on ne peut pas se contenter de tirer ses adversaires. Il faut aussi construire», muse Alexandra, 22 ans, une joueuse qui prenait part au tournoi. 

Alexandra alias FoxxaTV.
Photo: André Péloquin
Alexandra alias FoxxaTV.

Vétérante de Counter Strike, FoxxaTV (sur Twitch) a récemment fait le saut vers Fortnite et peut y consacrer jusqu’à 60 heures d’entraînement par semaine.

Lorsqu’on lui demande si le jeu a des retombées sur son quotidien, elle n’hésite pas. «Je crois que ça aiguise la gestion de priorités. C’est bon également pour le stress. Pour se rendre loin dans un tournoi, il faut absolument conserver son sang-froid!»

La joueuse compétitive fait également valoir que la communauté Fortnite compte parmi les plus ouvertes du moment. «Je connais au moins trois autres joueuses de mon calibre qui participent à des événements. De plus, le climat y est beaucoup moins toxique qu’au sein d’autres communautés à la CS:GO, par exemple.»
Isabelle Forget.
Photo: André Péloquin
Isabelle Forget.

De passage à Dreamhack avec son fils de 13 ans et son neveu de 12 ans, Isabelle Forget est également exposée au phénomène Fortnite, mais n’y voit pas une «mauvaise influence». «C’est comme le reste, il faut encadrer [les jeunes joueurs]», tranche celle qui a fait la route depuis les Laurentides. «Si on les laisse aller ou encore qu’on leur retire carrément le jeu quand on juge que c’est “trop”, c’est sûr qu’il peut y avoir des réactions exagérées.» 

Souvenirs retrouvés

Si le Québec a encore beaucoup à faire pour rattraper son retard dans la discipline, le déménagement du Dreamhack au stade olympique est un pas dans la bonne direction.
 
À défaut d’avoir eu droit à une foule monstre pour l’arrêt montréalais des championnats mondiaux de StarCraft, les spectateurs étaient aussi passionnés que bruyants. 
 
La foule pendant le tournoi de StarCraft.
Photo: André Péloquin
La foule pendant le tournoi de StarCraft.

Quand la clameur résonnait dans le stade, on se croyait (presque) à un match des Expos en se fermant les yeux.