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Arsenic dans l’air à Montréal-Est: l'usine CCR assure qu’elle respectera les normes

Usine CCR
Capture d'écran, TVA Nouvelles L'usine CCR

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MONTRÉAL-EST – L’entreprise de transformation de cuivre CCR, à Montréal-Est, assure qu’elle respectera les normes sur la présence d’arsenic, un produit cancérigène, dans l’air d’un secteur de la ville avec l’installation cet automne d’un nouveau dépoussiéreur.

«Notre plan d’action ne date pas d’hier, a affirmé le directeur général de l’usine, Bob Leclair, à la caméra de TVA Nouvelles, lundi. Ça fait plusieurs années qu’on travaille avec le ministère de l’Environnement ainsi que la Ville de Montréal. C’est auprès d’eux qu’on doit se conformer. [...] Notre plan d’action a été appuyé et approuvé. Nous sommes en train de construire un dépoussiéreur industriel qui sera en fonction en novembre. Nous respecterons alors les normes auxquelles nous sommes assujettis.»

Selon des informations provenant d’un rapport de la Direction régionale de santé publique complété il y a à peine quelques semaines, la concentration d’arsenic provenant de l’usine de cuivre dépassera les normes gouvernementales cette année de 200 % dans une zone d’environ 3 km carrés à Montréal-Est. En 2011, toujours selon le rapport, le taux d’arsenic dans l’air dépassait les normes de 400 %.

Ce rapport de la santé publique semble en contradiction avec les propos du directeur général de l’usine. Il mentionne que le taux d’arsenic estimé en 2018 prend déjà en compte l’ajout du dépoussiéreur et recommande «à court terme, de nouvelles mesures d’atténuation qui permettraient de diminuer les émissions et de respecter les normes [...].»

M. Leclair n’a pas commenté ce passage du rapport, lundi.

La nouvelle du dépassement des niveaux permis d’arsenic dans l’air à Montréal-Est a soulevé de l’inquiétude au sein de la population locale en fin de semaine, et des chefs de parti, en campagne électorale, se sont aussi dits inquiets et préoccupés par la situation.

Interrogé lundi par TVA Nouvelles, le Dr David Kaiser de la Direction régionale de santé publique de Montréal a expliqué que les risques étaient faibles pour la population, mais a reconnu que des études ont démontré que «des travailleurs qui travaillent des décennies dans des industries où ils sont exposés à l’arsenic, à des niveaux plus faibles, il y a des travailleurs qui vont développer des cancers du poumon».

Devant toutes les questions soulevées, le syndicat des Métallos représentant les 370 travailleurs de l’usine, qui sont sur la ligne de front, a rencontré la direction, lundi matin.

«On continue de suivre la situation de près, a assuré à TVA Nouvelles Stéphane Côté, président de la section locale 6887 des Métallos. Les travailleurs sont suivis. Ça fait 31 ans que je suis ici et on passe des tests régulièrement.»

M. Côté, dans le cadre de la rencontre matinale avec l’employeur, a demandé à ce dernier de communiquer avec les travailleurs dans le but de les rassurer, étant donné que le dossier a fait la manchette.

Par ailleurs, le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, qui a pris connaissance de la situation par notre entremise en fin de semaine et qui s’était montré inquiet, a aussi rencontré la direction de CCR lundi et s’est dit satisfait.

«Ça fait plus de huit ans que les processus sont entamés pour améliorer la qualité de l’air et on m’a rassuré aujourd’hui.»

- Avec Yves Poirier et Harold Gagné