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Des aînés morts dans la solitude la plus atroce; des décès qui nous interpellent tous

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Il n’y a pas de mort plus abjecte que celle-ci. Ils étaient vieux, malades, démunis et seuls.

Tellement seuls que ça aura pris plus d’un mois avant de retrouver leurs corps dans un état que l’on n’ose même pas imaginer. Pas de doute, les services publics ont échoué lamentablement dans leur mandat fondamental de prendre soin de ces personnes âgées, très âgées. Ces morts révoltantes nous confrontent toutefois à la question suivante : Est-ce la responsabilité de l’État seul? Et si nous avions aussi un rôle à jouer pour éviter que nos aînés meurent dans de telles conditions inhumaines?

Toute la fin de semaine, j’ai pensé au couple d’octogénaires retrouvés morts, dans leur domicile de l’est de Montréal, après des semaines. Vraisemblablement, l’homme était atteint d’Alzheimer. Comment est-ce possible que des aînés meurent dans des circonstances si méprisables dans cette société qui est la nôtre? Une société civilisée qui, quoi qu’on en dise, a atteint une qualité de vie enviable lorsque l’on se compare au reste de la planète.

Ils se prénommaient Roger et Melitta. Ils auraient bien pu s’appeler Albert et Lucille ou bien d’autres prénoms encore. Il y a tant de personnes âgées au Québec qui vivent chez elles malgré la maladie et une perte d’autonomie. 

Rester chez soi le plus longtemps possible est le choix que nous avons fait collectivement pour nos aînés. Une option que la vaste majorité d’entre eux approuvent.

Personne ne rêve finir ses jours dans un CHSLD. Personne. Et ça se comprend.

Mais que faisons-nous, chacun d’entre nous, pour assumer vraiment ce choix?

La bienveillance d’un voisin ou d’un parent 

Pouvons-nous déléguer à l’État - et à l’État seul - la responsabilité de prendre soin de nos grands-pères et grands-mères?

Poser la question, c’est y répondre.

La mort dans l’oubli du couple Roch n’est malheureusement pas une première au Québec.

C’est honteux.

Le Québec compte 100 000 aînés de plus chaque année. En 2031, le quart de la population aura 65 ans et plus.

En cette période de campagne électorale, où l’on exige du nivellement par le haut de la part de nos politiciens, pourquoi ne pas exiger la même chose envers nous-mêmes?

Est-ce qu’il y a, autour de nous, un voisin, un oncle, une tante, un grand-parent à qui notre petite visite ferait le plus grand bien, voire pourrait sauver la vie?

Et oui, il existe un remède contre la mort dans la solitude.  Il est tout simple et gratuit. Il s’appelle « la solidarité ».