/news/green
Navigation

Glencore, un propriétaire aux mille controverses

Glencore in talks to sell agri-business stake to Canada pension fund: WSJ
Photo d'arhives, AFP

Coup d'oeil sur cet article

Depuis 2013, la raffinerie CCR de Montréal-Est est entre les mains de la suisse Glencore. Au fil des ans, ce géant minier s’est retrouvé au centre de multiples controverses touchant l’environnement, les paradis fiscaux et la corruption internationale.

À Salaberry-de-Valleyfield, une autre filiale appartenant aujourd’hui à Glencore, CEZinc, fait l’objet d’un recours collectif après que son usine eut laissé s’échapper un vaste nuage toxique, en 2004. Au contact de l’air, il s’est transformé en acide sulfurique qui a irrité la peau, les yeux, la gorge et les voies respiratoires des voisins.

Paradise Papers

L’an dernier, Glencore s’est aussi retrouvée au centre des révélations des Paradise Papers. La multinationale était l’un des principaux clients d’Appleby, cette firme d’avocats spécialisée dans les paradis fiscaux qui a alors fait l’objet d’une vaste fuite coordonnée par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ).

Selon Radio-Canada, Glencore a installé au Yukon le siège social de sa filiale Katanga Mining Limited. À travers des paradis fiscaux comme les îles Vierges britanniques, l’île de Man et Guernesey, cette entreprise exploite pourtant une mine... au Congo-Kinshasa !

Pour négocier avec ce pays, la minière suisse a passé un obscur contrat avec Dan Gertler, un ami personnel du président Joseph Kabila. Gertler est depuis longtemps sous la loupe des organisations anticorruption.

Sept ans plus tôt, un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU expliquait comment Gertler avait obtenu un monopole sur les ventes de diamants du pays en échange de 20 M$ et de livraisons d’armes par le biais de ses contacts dans l’armée israélienne.

Fondateur criminel

Le fondateur de Glencore, mort en 2013, est lui-même un personnage hautement controversé. En 1983, Marc Rich a fui les États-Unis, qui avaient déposé pas moins de 50 accusations de fraude, d’extorsion, d’évasion fiscale et de commerce avec l’Iran sous sanctions commerciales. Ces crimes auraient pu lui valoir jusqu’à 300 ans de prison !

Rich a ensuite échappé plusieurs fois au FBI. En 2001, le président Bill Clinton l’a gracié juste avant de quitter le pouvoir, après que son ex-femme eut donné plus de 200 000 $ US au Parti démocrate.