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Legault veut une élection proportionnelle en 2022: «je ne ferai pas comme Justin»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

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CHÂTEAUGUAY | François Legault ne fera pas «un Justin Trudeau». Lorsque les Québécois iront aux urnes en 2022, ils auront un tout nouveau mode de scrutin proportionnel si la CAQ est élue, indique le chef caquiste.

«On ne fera pas comme Justin Trudeau», a lancé le chef caquiste, lundi, en marge d’une annonce sur les soins à domicile. Il s’engage à déposer rapidement un projet de loi pour transformer le mode de scrutin et le rendre davantage proportionnel.

La veille, le chef péquiste Jean-François Lisée a remis en doute l’engagement de François Legault en ce sens. Ce dernier a été piqué au vif et a rappelé qu’il a fait une sortie commune avec M. Lisée, ainsi qu’avec Manon Massé de Québec solidaire pour appuyer cette réforme. Il le trouve «un peu poche» de politiser cet enjeu.

M. Legault n’aura aucun remord à enfoncer cette réforme dans la gorge du Parti libéral, qui y oppose une fin de non-recevoir. «Les libéraux ne sont pas d’accord. Mais il y a de grandes chances qu’il y ait 50 % + 1 des députés élus le 1er octobre qui portent les couleurs de la CAQ du PQ et de QS. C’est ça qu’on a de besoin pour adopter la loi», a-t-il dit.

Près pour 2022

Généralement, ce genre de réforme est adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Mais François Legault «ne voit pas pourquoi les libéraux auraient un veto» sur cette question.

Le plan de François Legault est le suivant: il déposera dans les douze premiers mois suivant son élection un projet de loi. «On a participé aux discussions avec Mouvement démocratie nouvelle. On sait où on s’en va. Il y a un consensus», a-t-il dit. Il y aura des consultations, mais puisqu’il existe un consensus chez trois partis, il croit que l’adoption sera rapide.

Cette rapidité est nécessaire pour laisser le temps au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) d’être prêt. «Le DGEQ a demandé deux ans et demi pour faire des modifications sur le terrain. Si on dépose la première année, on va être prêt pour 2022», a-t-il dit.

Une réforme illégitime, selon Couillard

Un mode de scrutin mixte va réduire le cynisme de la population, selon le chef caquiste.

Les citoyens devront donc choisir la personne qu’on souhaite pour représenter sa circonscription, mais aussi le parti politique de son choix. Une partie des élus sera ainsi «rattachée» à un comté, et d’autres députés proviendront d’une liste électorale fournie par les partis.

Contrairement à aujourd’hui, les formations politiques auraient un nombre d’élus équivalent au pourcentage de votes obtenus. Le système actuel favorise plutôt celui qui arrive premier, peu importe sa popularité.

Le Parti libéral offre une fin de non-recevoir à cette réforme. Il juge qu’elle réduirait l’influence des régions du Québec. Philippe Couillard estime d’ailleurs qu’un vote sur un sujet aussi sensible doit être unanime. Sinon, il est illégitime.  

« M. Legault confirme qu’il veut s’attaquer aux régions, à la représentation des régions, a réagi le chef libéral Philippe Couillard. Un vote sur un sujet aussi fondamental, à mon avis, ne peut être qu’unanime à l’Assemblée nationale. Sinon, il n’est pas légitime.»

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire