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Parlons du défi du siècle

Parlons du défi du siècle
Photo Simon Clark

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Parlons un peu du grand oublié de la campagne électorale : l’environnement. Parlons du plus « grand défi de l’histoire de l’humanité », pendant que nos politiciens évitent la question.

La campagne électorale est commencée depuis plus de deux semaines et les engagements en environnement sont quasi inexistants. Les principaux partis politiques détournent la tête comme si l’enjeu pouvait encore être remis à demain. 

La situation est complètement absurde. Selon une compilation du Journal, la CAQ a promis jusqu’à présent 4 milliards de dollars en engagements. Le Parti libéral, pour sa part, est rendu à 6 milliards en promesses aux Québécois.

Savez-vous combien de ce montant est dédié à l’environnement ? 

Pas une cenne. Pas une maudite cenne !

Vous avez bien lu : les deux partis qui ont le plus de chance de remporter la prochaine élection n'ont fait aucune annonce pour lutter contre les changements climatiques.

Assistons-nous à un abandon de la classe politique dans ce dossier ? Vous allez me répondre que Québec Solidaire et le Parti Québécois en parlent... mais les probabilités qu’ils forment le prochain gouvernement sont improbables. 

Les micros-engagements

On le répète depuis deux semaines : la campagne actuelle est plutôt marquée par des micro-engagements hyper ciblés. Boite à lunch, légumes de serres, permis de chasse, examens de la vue, fertilisation in vitro, proches aidants et sans oublier l’éventuelle construction du 3elien.  Rien de tout ça ne s’apparente à ce que certains appellent un projet de société. On appelle ça du clientélisme.

Et pourtant, toutes ces promesses ne pourront pas se réaliser en faisant abstraction de l’environnement. 

Par exemple, on ne peut débattre sérieusement de santé publique, sans mentionner les effets de la pollution sur la population et sur notre système de santé. 

On ne peut plus espérer une croissance économique, en omettant de parler de développement durable. 

On ne peut plus discuter d’alimentation, sans prendre en considération les conséquences des changements climatiques sur notre production agricole. 

On ne peut s’entredéchirer sur les seuils d’immigration, sans parler des millions de réfugiés climatiques. 

Plus tard, c’est maintenant

Tout est maintenant relié par un nouveau socle qui sera au centre de notre vie politique et individuelle au cours des prochaines années. Devrons-nous changer les bases de notre économie ? Opterons-nous pour une décroissance ou une croissance verte ? Imposerons-nous une bourse du carbone ? Deviendrons-nous tous végétariens ? Devrons-nous abandonner les voitures à essence d’ici les 10 prochaines années ? 

Nous faisons donc face à une classe politique qui refuse de répondre à ces questions et peinent à comprendre l’urgence de notre époque. Il est peut-être vrai qu’à 60 ans, on se soucie moins de ce qu’il va se passer dans 40 ans. 

Ce sont pourtant les membres de ma génération qui seront les premiers à faire face aux problèmes laissés par l’inaction et l’insouciance des générations précédentes. 

La limite de la bonne volonté

En une décennie, le comportement des Québécois a drastiquement changé. On a commencé à être plus responsable, à recycler, à composter, et à diminuer le plus possible nos déchets. Nous nous sommes conscientisés individuellement. 

Il y a par contre une certaine limite aux effets magiques de la seule bonne volonté citoyenne.

La classe politique, qui devrait faire preuve de leadership, est à la remorque. Elle n’agit pas pour changer le cours de l’histoire. Elle s’occupe de la prochaine élection plutôt que de la prochaine génération. Et cela est vrai autant au Québec qu’ailleurs dans le monde. 

Ils passeront bientôt du déni au dépit, où ils nous expliqueront qu’il est trop tard pour réagir. 

L’été 2018

On avait pourtant espoir de parler d’environnement avec l’été que nous avons connu. On espérait que les canicules, les feux de forêts et les catastrophes naturelles l’aurait placé au centre de la campagne. Ah oui ! On nous a promis de climatiser les CHSLD...

L’été 2018 aura été une bande-annonce du drame qui se déroule devant nos yeux. 

Une bande-annonce sans suspense, dont nous connaissons déjà le dénouement.