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Reconstruction confirmée

Max Pacioretty ne se sentait pas désiré par Marc Bergevin et c’est pourquoi il demandé à être échangé.
Photo d'archives Max Pacioretty ne se sentait pas désiré par Marc Bergevin et c’est pourquoi il demandé à être échangé.

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Il n’y a pas très longtemps, on disait que l’avenir du Canadien passait par Alex Galchenyuk. Il a été échangé aux Coyotes de l’Arizona et hier, c’était au tour du capitaine, Max Pacioretty, de passer aux Golden Knights de Vegas. N’en déplaise à Marc Bergevin, nous ne sommes plus dans la rénovation, mais bel et bien dans la reconstruction.

Quand tu échanges ton capitaine, c’est un mur de soutien que tu enlèves. La reconstruction est donc confirmée. Les récents gestes de Bergevin parlent d’eux-mêmes et vous savez quoi, je suis parfaitement d’accord avec le mouvement de rajeunissement du Canadien. J’ai participé à un tournoi de golf à Toronto récemment et après des années de frustration, il y a un nouvel engouement pour les jeunes Maple Leafs. C’est ce que je veux voir à Montréal.

À court terme, le Canadien n’est pas une meilleure équipe aujourd’hui sans Pacioretty, mais l’échange qu’a concocté Bergevin pourrait rapporter à long terme. Je ne suis pas plus emballé que ça par l’acquisition de Tomas Tatar, mais la clé de cette transaction est le prometteur joueur de centre de 19 ans Nick Suzuki. Il pourrait avoir une belle et longue carrière à Montréal.

À l’inverse, les Golden Knights sont une meilleure équipe à court terme puisque leur directeur général, George McPhee, a réussi à aller chercher un marqueur de 35 buts sans céder aucun joueur de son alignement. Acquis à la date butoir des échanges, Tatar n’a pas réussi à s’imposer chez les Knights et il a souvent été laissé de côté par l’entraîneur des Knights, Gerard Gallant, lors des séries éliminatoires.

Point de non-retour

Bref, cet échange indique clairement que les Knights et les Canadiens ne sont pas du tout au même endroit dans leur cheminement. Finalistes l’an dernier, les Knights visent la coupe Stanley la saison prochaine. Dans le cas du Canadien, on se rajeunit et on reconstruit. On a plusieurs bons jeunes joueurs dans l’organisation et il reste à les développer.

Je n’ai rien contre l’échange de Bergevin dans les circonstances actuelles. Il fallait régler le cas de Pacioretty et c’est un échange honnête. Cette « nouvelle attitude » que Bergevin espérait pourra désormais s’exprimer et ce n’est pas un reproche envers le 67.

Bergevin aurait dû toutefois régler ce dossier plus tôt. À mon avis, il est clair dans sa tête depuis l’élimination contre les Rangers de New York au printemps 2017 que Pacioretty ne cadrait pas dans ses plans à long terme. Pacioretty n’avait récolté qu’une mention d’aide dans cette série de six matchs.

C’est à ce moment que Bergevin a décidé qu’il n’était pas question d’accorder un gros contrat à long terme à son capitaine. L’avenir passait par Carey Price, mais pas par Pacioretty. La relation entre Bergevin et Pacioretty s’est donc détériorée la saison dernière et je vous en avais parlé.

Bergevin a probablement raison de dire que Pacioretty a demandé à être échangé à plusieurs reprises, mais s’il a demandé à être échangé, ce n’est pas parce qu’il voulait vraiment quitter Montréal. Il a réalisé que Bergevin ne tenait pas à lui et la situation a atteint le point de non-retour. Dans ces circonstances, Pacioretty n’avait pas d’autre choix que de réclamer une transaction.

Si Bergevin avait agi à l’été 2017, il aurait certainement reçu une meilleure valeur en retour de Pacioretty, mais à partir du moment où les autres directeurs généraux ont su que le torchon brûlait, Bergevin se retrouvait dans une situation difficile. Plus le temps passait, plus la pression était forte. George McPhee a été patient et il a bien joué ses cartes.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Un bon Canadien

En fin de compte, on ne peut pas reprocher bien des choses à Max Pacioretty. Il a rendu de fiers services au Canadien de Montréal pendant dix ans et il était un joueur apprécié de ses coéquipiers, ainsi que des partisans. Je suis convaincu qu’il aurait aimé terminer sa carrière à Montréal, mais il ne cadrait pas dans les plans de Marc Bergevin. Si ce dernier lui a offert un contrat, ça devait être loin de ses exigences. Les Knights ont accordé un contrat de 28 millions pour quatre saisons à l’ancien capitaine du Canadien.

Pacioretty et Wheeler

En l’espace d’une semaine, on vient d’assister à deux dénouements différents concernant des capitaines. Les Jets de Winnipeg ont accordé une prolongation de contrat de cinq ans et 41, 2 millions à leur capitaine de 32 ans, Blake Wheeler. Ils ont probablement surpayé Wheeler, mais ils ont jugé que dans les circonstances, il était un joueur essentiel dans la poursuite de leur objectif de gagner la coupe Stanley. Le Canadien n’est pas au même point et Marc Bergevin ne voulait pas débourser un sou de trop en ce qui concerne Pacioretty.

Price et Weber

Le départ de Max Pacioretty signifie que Carey Price et Shea Weber prendront encore plus de place dans le vestiaire. Avec une équipe rajeunie, ils auront plus de responsabilités et devront servir de modèles ainsi que de parrains. Pour moi, il n’y a aucun doute que Weber succédera à Pacioretty comme capitaine du Canadien.

Tomas Tatar

J’ai bien hâte de voir comment Tomas Tatar va cadrer dans le système de Claude Julien, qui dirige un peu à la manière de Gerard Gallant à Las Vegas. Gallant et Julien veulent des joueurs responsables qui savent jouer sans la rondelle. Tatar est très talentueux, mais il donne plus dans le jeu individuel et ça n’a pas plu à Gallant chez les Golden Knights. Tatar sera électrisant par moments, mais c’est au niveau de la constance que je suis inquiet.