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Jour J - 19 : La CAQ comme un nouveau resto

François Legault
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits François Legault

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François Legault et Jean-François Lisée ont récemment commencé à s’arracher les électeurs. Legault en appelle au vote stratégique « pour sortir les libéraux » afin d’attirer chez lui des souverainistes qui sont prêts à tout pour mettre à la porte le parti de Philippe Couillard. 
 
De son côté, Jean-François Lisée courtise les solidaires en faisant valoir que leur parti ne peut espérer gagner le pouvoir de manière réaliste. Drôles d’arguments, mais surtout, drôle de « timing ».
 
Trop tôt
 
Habituellement, les partis ont recours à l’appel au vote stratégique en fin de campagne. Au moment où toutes les solutions ont été épuisées.
 
Dans cette campagne de 39 jours, on vient à peine de franchir le cap de la mi-parcours. Choisir tout de suite d’utiliser l’argument du vote stratégique surprend.
 
D’ailleurs, ce sont désormais deux partis qui emploient cet argument. Est-ce que les chefs savent quelque chose que nous ne savons pas ?
 
Du côté du Parti québécois, on constate une remontée dans les sondages. Remontée lente, mais qui place le parti dans une zone dite « payante ». ( Le blogue qc125.com vous donne des explications). À partir de maintenant, le PQ peut donc espérer amasser plusieurs circonscriptions pour chaque point de pourcentage de plus dans ses intentions de vote.
 
Pour la CAQ, la situation diffère. Plusieurs analystes croient que l’appel au vote stratégique est causé par une montée de panique dans les rangs caquistes. Les intentions de vote ne progressent plus en faveur de la CAQ et tout indique que les électeurs qui délaissent le parti de François Legault sont des souverainistes qui rentrent au bercail.
 
Cette hypothèse nuit doublement à la CAQ puisqu’elle permet non seulement au PQ de remonter dans les comtés francophones, mais elle pourrait bien favoriser une victoire libérale dans des circonscriptions où la lutte à 3 est plus serrée.
 
Dans un cas comme dans l’autre, l’appel est lancé. Que reste-t-il comme arguments pour solidifier ou augmenter les intentions de vote au cours des 19 prochains jours ? Plus grand-chose.
 
Un nouveau resto en ville
 
Pour « vendre sa salade », quel argument est-ce que François Legault a trouvé ?
 
« C’est le temps d’ESSAYER quelque chose de nouveau. » Vraiment ?
 
On dirait le slogan d’un nouveau resto « in ». 
 
« Tanné du bistro d’à côté ? Essayez quelque chose de nouveau ! »
 
Mais un gouvernement, ce n’est pas une cantine à patate. Choisir un parti politique, ça ne devrait pas se faire sur un coin de table. Choisir un parti, ce n’est pas voter CONTRE un parti, c’est faire entendre notre voix pour exprimer un choix qui nous ressemble, appuyer un projet d’avenir et faire résonner notre message.
 
Penser que des souverainistes pourraient choisir la CAQ, qui promet de ne jamais faire de référendum, c’est tout à fait insensé. Lors du dépouillement du vote, ce n’est pas écrit sur le bulletin « souverainiste déçu, je prête mon vote à la CAQ, mais juste pour cette fois ». Dans ce cas, aussi bien dire qu’ils n’ont tout simplement aucune conviction.
 
Pour sa part, François Legault voudrait vous convaincre qu’il suffit d’essayer son parti pour que soudainement lui et son équipe se transforment en gouvernement expérimenté et crédible.
 
La majorité des membres de son équipe n’ont pas d’expérience politique. Encore moins d’expérience du gouvernement.
 
Si on pousse l’analogie du resto un peu plus loin, vous vous souvenez probablement de la dernière fois où vous avez « essayé quelque chose de nouveau ». La place venait d’ouvrir, les employés étaient encore en entraînement et la moitié du menu n’était pas disponible parce qu’on était encore en rodage. 
 
Vous avez payé le gros prix et vous êtes ressorti déçu de votre expérience. 
 
Finalement, vous auriez mieux fait d’aller à la même place que d’habitude. Au moins, vous n’auriez pas eu de mauvaise surprise et vous auriez eu un service fiable et compétent.