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La question de l’urne

La question de l’urne
Photo d’archives, Agence QMI

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Même s’il est terriblement usé par quinze années presque ininterrompues au pouvoir, le Parti libéral demeure une incroyable machine politique.

Il ne commence jamais une élection battu d’avance et se montre capable d’une agressivité extrême lorsque vient le temps d’attaquer la réputation de ses adversaires.

PLQ

En toutes circonstances, il parvient à attirer un certain nombre de candidats vedettes, qui rejoignent ainsi le parti naturel de gouvernement. Ils savent qu’ils rejoignent une structure de pouvoir qui ne les laissera pas tomber, mais qui exige une loyauté absolue.

Et le PLQ sait faire campagne et imposer ses thèmes. On l’avait compris : à défaut de mener une campagne de peur anti-référendaire, il placerait sa version de la question identitaire au cœur de la présente campagne, en se présentant comme le gardien des droits des minorités contre la tentation de l’intolérance qui hanterait la majorité historique francophone et les deux grands partis nationalistes que sont le PQ et la CAQ.

Le PLQ mobilise ainsi de manière maximale sa base anglophone et allophone en plus de tenir un discours culpabilisateur susceptible d’intimider les électeurs timorés, toujours effrayés à l’idée de ne pas passer le test du politiquement correct.

Et c’est ce qui est en train de se passer dans cette campagne autour de la question des seuils d’immigration, qu’il veut augmenter, comme s’il s’agissait d’une nécessité économique, ce qui n’est pas vrai. Il accuse ensuite tous ceux qui s’y opposent de se soumettre à une logique antiéconomique, en plus d’être contaminés par le virus de l’intolérance et de la xénophobie.

En gros, soit on se soumet à ce discours, soit on devient, selon la vision libérale, un imbécile illettré intolérant. Triomphe ainsi le fanatisme idéologique.

Le PLQ entend faire de cet enjeu la « question de l’urne » – celle que les électeurs auront en tête en allant voter. Il appartient alors à la CAQ et au PQ de la retourner contre le PLQ, sans douceur excessive, en n’acceptant plus de se soumettre à la tyrannie du politiquement correct.

Dans un monde normal, les natio­nalistes reformuleraient ainsi la question de l’urne : est-ce que les Québécois veulent vraiment reconduire au gouvernement un parti de plus en plus ouvertement hostile à la majorité historique francophone, qui travaille à diminuer son poids démographique ainsi qu’à la dissoudre politiquement sous la pression d’un multiculturalisme, en plus de consentir sans gêne à l’anglicisation de Montréal ?

Mépris

Est-ce que les Québécois acceptent vraiment de se laisser ainsi mépriser par leur propre gouvernement qui les soupçonne de racisme ?

C’est ce qu’il faudrait demander aux Québécois. Le débat de jeudi pourrait être l’occasion de cette contre-attaque.

Évidemment, on trouvera des commentateurs fielleux pour dire que la question identitaire est illégitime. Au fond d’eux-mêmes, ils savent que les Québécois peuvent se mobiliser autour d’elle et souhaitent conséquemment la censurer, comme si elle était salissante. Il ne faudrait jamais rappeler que la situation du peuple québécois est fragile en Amérique.

Leur dicton ? Tout va bien !

C’est ce qu’on appellera l’optimisme des autruches.