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Le CH a gagné la bataille des relations publiques

Max Pacioretty photographié à sa résidence de Westmount, lundi.
Photo Martin Chevalier Max Pacioretty photographié à sa résidence de Westmount, lundi.

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Dans la triste faillite de l’affaire Max Pacioretty, le Canadien a au moins gagné la bataille des relations publiques. Et cette victoire a été claire et éclatante.

On en a eu la preuve dans la journée de lundi en regardant et écoutant les manchettes et les reportages à la télé et à la radio. Les journaux télévisés des grands réseaux, que ce soit TVA, RDS ou TVA Sports ont tous présenté la transaction comme la réponse de Marc Bergevin aux demandes et souhaits de Max Pacioretty.

Le jour même, Geoff Molson et Marc Bergevin ont lourdement insisté pour rappeler ad nauseam que « Max Pacioretty avait demandé à être échangé » alors que Pacioretty et son agent, Allan Walsh, ont tous deux démenti cette affirmation reprise par les médias.

Visiblement, la stratégie du Canadien et peut-être de Pat Brisson, l’agent évincé du capitaine, a porté fruit. C’est le CH qui a gagné. Les reportages style vox pop menés par les radios et les télés ont montré que les fans répétaient les affirmations du Canadien. Pour eux, Pacioretty avait demandé à être échangé et le Canadien s’était débarrassé d’un problème.

Dans les faits, Pacioretty n’a jamais cessé de clamer haut et fort qu’il voulait rester à Montréal et jouer pour le Canadien. D’ailleurs, il venait d’acheter une nouvelle maison à Westmount et de passer l’été dans la métropole.

LA MAÎTRISE DE PAUL WILSON

Le Canadien a été très habile. Il était vital pour l’Organisation que Pacioretty soit perçu comme le méchant dans cette tragi-comédie. Les fans devaient vite oublier que Marc Bergevin venait de se débarrasser d’un jeune marqueur de trente buts et premier choix au repêchage en Alex Galchenyuk et d’un capitaine qui avait déjà marqué 39 buts. Tout ça en moins d’un été.

Il faut dire que le général de l’opération de relations publiques est un grand de National. Paul Wilson a manœuvré magistralement dans le dossier. Il a su fournir un solide background à quelques vétérans du métier. Il suffisait que la nouvelle sorte quelque part « que Pacioretty avait demandé à être échangé » pour que l’opération soit enclenchée.

Je ne sais pas quelle est la source (j’ai mon hypothèse) de Martin Leclerc, mais c’est lui qui a été choisi. Martin Leclerc est un journaliste crédible, Radio-Canada fait sérieux, en quelques minutes, la bataille était gagnée. Les porte-valises du CH allaient faire le reste de la job. C’est ce qui s’est passé.

Pendant cette bataille disputée sur plusieurs plateformes et de différentes façons en utilisant textos, courriels et coups de téléphone, la recherche de la vérité est devenue pratiquement impossible.

Pourquoi Max Pacioretty, qui a une réputation d’homme droit, mentirait-il aujourd’hui ? Pourquoi Allan Walsh, fort d’une réputation de grande gueule, se mettrait-il à mentir ?

QUELQUES ACCÈS DE COLÈRE

Mais alors, pourquoi Geoff Molson deviendrait-il menteur ?

Que s’est-il vraiment passé ?

Il n’y a qu’une réponse qui englobe les deux parties en cause. Il est probable qu’ulcéré par le comportement de Marc Bergevin à son égard, Max Pacioretty ait lâché deux ou trois « sors-moi d’icitte si t’es pas capable de me sentir la face ! »

Ce n’était pas une demande formelle, mais c’est assez pour que Bergevin et

Molson ne mentent pas. C’est surtout assez pour permettre à un stratège comme Paul Wilson de mener les troupes à la victoire.

Mais quelle victoire ? Vous connaissez peut-être l’expression « une victoire à la Pyrrhus » ? C’est quand tu gagnes une bataille, mais en perdant tellement de soldats que tu perds la guerre par la suite.

Marc Bergevin a gagné contre P.K Subban. Il a gagné contre Andreï Markov. Il a gagné contre Alexeï Emelin. Il a gagné contre Alexander Radulov. Il a encore gagné contre Alex Galchenyuk. Et continué à gagner contre Max Pacioretty.

Six belles victoires. Sauf qu’il n’y a plus de club.

Paul Wilson et ses porte-parole cravatés vont vous faire accroire que la relève est formidable. Ben oui, le Rocket a fini 30e dans sa ligue. Attendez de voir cette merveille sur la patinoire.

La vraie bataille, elle se joue sans que vous le sachiez. On offre des loges à rabais aux entreprises, les commerciaux vont coûter 25 % moins cher à RDS et à TVA à cause de la baisse des cotes d’écoute, on offre des billets à 29 piastres et on tente de refiler des loges à des groupes qui seraient intéressés dans des programmes qui ressemblent à des partys de bureau.

Pyrrhus, sors de ce corps !