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Mondial de pétanque: une équipe canadienne à saveur internationale

Les Québécois représentant le Canada au championnat mondial ont pris le contrôle du territoire à Desbiens. L’entraîneur Alexander Bendi, au volant de la camionnette, apparaît en compagnie de Yanick Laulhé, Jean-Michel Derlincourt, Khalid Hanafi et Redouane Hammouchane.
Photo Alain Bergeron Les Québécois représentant le Canada au championnat mondial ont pris le contrôle du territoire à Desbiens. L’entraîneur Alexander Bendi, au volant de la camionnette, apparaît en compagnie de Yanick Laulhé, Jean-Michel Derlincourt, Khalid Hanafi et Redouane Hammouchane.

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DESBIENS | La nécessité de l’immigration au Québec ne soulève pas de débat cette semaine à Desbiens. À voir la composition de l’équipe qui nous représente au championnat mondial, la pétanque a tranché : pleinement d’accord !

Yanick Laulhé, Redouane Hammouchane, Jean-Michel Derlincourt et Khalid Hanafi, ça ne sonne pas comme Tremblay ou Thibodeau. Ces quatre hommes au compas dans l’œil ont mérité leur participation à ce mondial en émergeant des quelque 1900 joueurs fédérés au Québec et plus de 300 000 pratiquants.

«Pour l’intégration dans une société, la pétanque est parfaite. C’est une activité sociale où tu rencontres beaucoup de gens qui peuvent à leur tour faciliter l’intégration. Il y a une belle fraternité», défend Alexander Bendi, un enfant né au Québec de parents hongrois qui avaient fui leur pays en 1956 lors de l’invasion soviétique.

Pour découvrir le Québec

Bendi occupe la présidence de la Fédération de pétanque du Québec, par conséquent celle du Canada, puisque c’est surtout chez nous que se concentre la discipline. Chaque membre du quatuor qu’il mène à ce mondial a choisi le Québec pour une vie meilleure, mais on devine que dans la culture que chacun a apportée avec lui la passion pour ce jeu de boules populaire devait continuer à s’exprimer.

«Moi, c’est clairement ce qui m’a intégré. J’ai connu le Québec à le parcourir en participant à toutes sortes de tournois», donne à entendre Khalid Hanafi, d’une voix qui trahit son attachement à son nouveau pays.

«Je n’ai jamais senti d’animosité à mon égard. Et j’ai appris le québécois au boutte! J’ai constaté ici que si tu veux travailler, cré moé que c’est possible», image le Marocain arrivé en 1986.

Du haut calibre

Cet homme de 52 ans est chef des cuisines au Parlement d’Ottawa, après avoir bossé dans celles du Casino du Lac-Leamy à Gatineau. Comme lui, chacun de ses coéquipiers à ce mondial enrichit sa terre d’adoption de son quotidien, autant sur les terrains de pétanque que dans son travail.

Puisqu’il est question de pétanque, justement, attardons-nous sur leurs principales réalisations. C’est du lourd! Yanick Laulhé de Sherbrooke, émigré du Maroc en 1978 à l’âge de 2 ans, compte 15 titres de champion canadien et sept participations au championnat mondial, dont une cinquième place en 2001.

Redouane Hammouchane de Belœil avait participé au mondial avec l’équipe nationale du Maroc avant son arrivée au Québec en 2000. Et Jean-Michel Derlincourt, qui a vendu le marché d’alimentation qu’il possédait à Champs-sur-Marne près de Paris pour venir s’établir à Lavaltrie, en 2006, collectionne les présences à de grands tournois, comme sa médaille de bronze au mondial mixte de 2017 avec Sonia Coulombe.

«Il y a des cultures diversifiées au Québec et c’est ce qui augmente le calibre de jeu parce que ça amène aussi forcément différentes cultures de pétanque», observe Hammouchane, un diplômé universitaire en économie converti dans l’industrie audiovisuelle à son arrivée ici.

Place aux choses sérieuses

On verra à compter de ce matin jusqu’où l’ambition mènera les joyeux Canadiens à ce championnat mondial. Les premières rondes de qualification au tir de précision – la spécialité de Jean-Michel Derlincourt – et du tournoi en équipe nous donneront les premiers indices.

Le sol de Desbiens se montrera-t-il aussi hospitalier à leur égard?

Des Français «made in USA»

Les lettres «USA» à leur dos pourraient nous confondre, mais on ne se questionne plus sur l’origine de ces joueurs quand on entend «peuchère» et «allez mon petit» dans l’action.

Il faut venir à Desbiens pour découvrir que l’équipe de pétanque des États-Unis est formée de... Français. Avec ses quelque 3000 joueurs licenciés, le pays de Donald Trump ne représente pas une puissance mondiale, ce qui a permis à cinq Français établis aux «States» de se qualifier pour le mondial de cette année.

Pétanque près de Times Square

Jean-Pierre Subrenat est l’un d’eux. Créateur de parfum, encore plus maintenant qu’il a vendu sa société, la pétanque ne demeure jamais bien loin dans ses préoccupations, de sorte qu’il occupe la présidence du New York Petanque Club. Philippe Menier, propriétaire de trois restaurants à Manhattan, partage la même passion en jouant sur la pelouse de Bryant Park, à deux coins de rue du trépidant Times Square.

«Il arrive que des touristes français nous abordent pendant qu’on joue à New York. Ils me disent : “You know, this is a french game”. Et moi, je me lève la tête et je leur réponds en français : “Ah! Oui? Je n’étais pas au courant”», raconte Subrenat, un drôle de personnage établi au New Jersey.

Championnat mondial de pétanque

  • 48 pays, 5 continents
  • 1re édition en 1959 en Belgique (Spa)
  • Championnat tenu tous les deux ans depuis 2008
  • Pays hôte en 2016 : Madagascar
  • Seul autre championnat tenu en Amérique : Québec (1975)
  • Budget d’organisation : 300 000 $

2 catégories

  • Triplettes (équipes de 3 joueurs)
  • Tirs de précision