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Fini l’été?

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« L’été est presquement terminé », selon un voisin, gentil pessimiste, convaincu que l’ajout du suffixe -ment donne de la valeur à l’adverbe presque. Un suffixe doit en principe permettre de changer la catégorie grammaticale d’un mot. Ex. : -ible dans risible; -able dans détestable. Le suffixe -ment ajouté au mot presque n’a pas cette fonction. L’emploi de suffixes inutiles est répandu dans la langue parlée québécoise : vitement, mauvaisement, presquement, allable, etc. On peut parler sans ces béquilles.

Dans (presque-ment ?) un même ordre d’idées, un lecteur, B. Martineau, s’étonnait, il y a quelques mois, de lire la phrase suivante sur son écran de télévision : « Jusqu’à 50 cm de neige reçus » (eh oui, désolé, mais la neige s’en vient !). « N’aurait-il pas fallu lire : jusqu’à 50 cm de neige reçue ? » Non, ce sont 50 cm (masculin pluriel) de neige qui ont été reçus (ou, Dieu nous garde, seront reçus dans quelques... semaines) et qui ont (et non a) envahi notre quotidien. On dirait aussi : des milliers de mètres cubes d’eau ont inondé le village (et non a inondé le village).