/opinion/columnists
Navigation

La catastrophe imaginaire

Coup d'oeil sur cet article

Les cadres financiers présentés par les partis politiques en campagne électorale sont à la démocratie ce que la magie est à la pensée rationnelle. Au mieux, de la poudre aux yeux. Au pire, un attrape-nigaud.

La parade actuelle de cadres financiers n’échappe pas à la règle. Y compris celui du gouvernement Couillard. Dévoilé hier, il promet des dépenses racoleuses après trois ans d’austérité nocive pour les services publics.

Pour le dire clairement, l’objectif des cadres financiers est purement politique : convaincre les électeurs d’« acheter » les promesses d’un parti ou d’un autre. En cela, considérant qu’ils sollicitent un autre mandat, il est pertinent de se rappeler le retour au pouvoir des libéraux en 2014.

Excuse

Pour justifier son austérité, Philippe Couillard avait prétexté une terrible catastrophe financière laissée par le gouvernement Marois. Un gouffre, qu’il estimait à plusieurs milliards de dollars. Cette « ligne », le chef libéral l’a répétée hier. Dans les faits, ce n’était que de la poudre aux yeux.

En décembre 2014, Gérald Fillion, chroniqueur économique, en écrivait ceci : « Pourquoi Martin Coiteux et Carlos Leitao ne cessent-ils pas de répéter depuis huit mois que le déficit à enrayer est de plus de 5,8 milliards cette année et de 7,3 milliards l’an prochain ? Ces chiffres n’existent pas dans la réalité. Ce sont des projections [...] qui sont utilisées dans la communication politique du gouvernement Couillard parce que le gouvernement Marois n’a pas publié son budget de dépenses avant de déclencher des élections l’hiver dernier. »

Supercherie

Difficile d’être plus clair. Le problème est que cette supercherie a servi d’excuse à la dégradation des services publics. À même les fonds publics ainsi « épargnés », elle a aussi permis au gouvernement Couillard de se constituer un trésor de guerre — ce qu’il appelle ses « marges de manœuvre ».

Or, comme par hasard, c’est dans ce même trésor qu’il puise aujourd’hui son abondance de bonbons électoraux.