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L’après-Coiteux

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Martin Coiteux est vraiment parti. C’est ce qui m’est venu à l’esprit mercredi lors de la présentation du cadre financier du PLQ.

Président du Conseil du trésor des 19 premiers mois du gouvernement Couillard, il fut l’agent de la rigueur budgétaire, voire de l’austérité.

Le mandat Couillard? Deux ans de serrage de ceinture excessif sur fond de catastrophisme financier ; puis deux années de grandes dépenses, sur fond de baisse dans les sondages ET d’économie dopée par la reprise américaine et la chute du dollar canadien.

Go!

«Mandat contrasté», selon l’expression polie utilisée d’universitaires (voir Bilan du gouvernement de Philippe Couillard, PUL, 2018). «Stop and go», comme l’illustre l’économiste Pierre Fortin dans l’ouvrage.

Or, le cadre financier libéral présenté hier poursuit dans la logique du second réflexe : c’est «go». Un peu plus et le PLQ dépasse QS sur sa gauche. Et adieu la marge de manœuvre annuelle de 950 millions $ identifiée par la VG en août.

État trop gros?

Souvenons-nous de ce que nous répétait «Couillard 1» en 2014. Le Québec, c’est 23 % de la population du Canada, mais... 20 % de l’économie canadienne, alors que «nous engageons 27 % des dépenses des provinces».

Bref, nous dépensions trop. Notre État était trop gros.

J’ai bien tenté de savoir mercredi si la situation du Québec, en fonction de ces trois données, est meilleure aujourd’hui. S’améliorerait-elle dans un second mandat?

M. Couillard ne semblait plus trop s’intéresser à cela. Il me répondit «on progresse» sans s’appuyer sur des chiffres.

La rigueur des «mois Coiteux» a été faite en agitant des déficits potentiels – «si on ne faisait rien» – de 6 et de 7 milliards $ pour 2014-15 et 2015-16, des chiffres «aussi douteux qu’exorbitants», a aussi écrit Fortin.

Des qualificatifs qu’on a parfois envie d’accoler aux chiffres de l’expansion budgétaire promise par le PLQ de Couillard de l’après-Coiteux.