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Les sinistrés attendent de l’aide

Une semaine après un déluge historique, des citoyens craignent que leurs réclamations soient refusées

Isabelle Potvin n’a pas terminé de ramasser les dégâts dans son studio de photo de Normandin.
Photo collaboration spéciale, Isabelle Tremblay Isabelle Potvin n’a pas terminé de ramasser les dégâts dans son studio de photo de Normandin.

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NORMANDIN | Les sinistrés des inondations survenues la semaine dernière au nord du Saguenay–Lac-Saint-Jean se sentent laissés à eux-mêmes. Plusieurs vivent un cauchemar depuis les pluies torrentielles qui ont frappé, dans la nuit du 5 au 6 septembre.

En deux heures, 100 millimètres de pluie sont tombés sur le petit village de Normandin au Lac-Saint-Jean. Lors du déluge du Saguenay, 270 mm étaient tombés en trois jours. Face au torrent, quelque 400 résidences ont été inondées.

Une semaine plus tard, l’espoir a fait place au découragement. Les citoyens continuent de nettoyer, mais plusieurs craignent de tout perdre.

Le terrain de M<sup>me</sup> Potvin est jonché de débris.
Photo collaboration spéciale, Isabelle Tremblay
Le terrain de Mme Potvin est jonché de débris.

La photographe Isabelle Potvin craint que sa réclamation soit refusée par sa compagnie d’assurance. « Ils m’ont dit que je ne suis pas couverte. J’attends leur confirmation par écrit. Le programme d’aide gouvernementale à la disposition des sinistrés comporte des exclusions, dont les dommages causés par les refoulements d’égout. » Donc, elle croit qu’elle ne recevra aucune aide. Elle évalue sa perte à 60 000 $.

« Je suis dévastée et impuissante », a-t-elle dit. Lors de l’inondation, 16 à 18 pouces d’eau se sont retrouvés dans son studio, qui a été aménagé au sous-sol de sa mère. Presque tout son matériel est abîmé.

À Normandin, le débordement du ruisseau du village a causé des dommages à 130 propriétés réparties sur 14 rues. Le ministère de la Sécurité publique (MSP) a ouvert 42 demandes de réclamation depuis le sinistre.

« Les sinistrés doivent fournir certains documents ou informations afin que le MSP soit en mesure d’analyser leur réclamation et de statuer sur l’admissibilité de celle-ci. De plus, la majorité des sinistrés sont en attente d’une décision de leur assureur afin de confirmer si les dommages seront couverts ou non par eux », précise la porte-parole du ministère, Louise Quintal.

Manque de matériel

Le propriétaire de l’entreprise Pronet, Réjean Côté, a dû acheter de l’équipement supplémentaire.
Photo collaboration spéciale, Isabelle Tremblay
Le propriétaire de l’entreprise Pronet, Réjean Côté, a dû acheter de l’équipement supplémentaire.

Les compagnies de nettoyage après sinistre sont débordées. Réjean Côté, de l’entreprise Pronet, et Sylvain Doucet, de Bon-Air, gèrent plus de 300 dossiers à eux seuls.

« Il y a eu aussi des dommages à Albanel, Saint-Thomas-Didyme, Saint-Edmond-les-Plaines, Saint-Méthode, La Doré et Dolbeau-Mistassini. J’ai acheté et j’ai loué des équipements pour suffire à la demande », affirme M. Côté.

Pierre Néron travaille de dix à onze heures par jour pour vider, nettoyer et désinfecter les résidences des sinistrés.
Photo collaboration spéciale, Isabelle Tremblay
Pierre Néron travaille de dix à onze heures par jour pour vider, nettoyer et désinfecter les résidences des sinistrés.

Chez Bon-Air, du personnel des succursales d’Alma et de Chicougamau a été appelé en renfort. « Notre priorité est de déshumidifier et contrôler la qualité de l’air. Nous devrons ensuite faire des travaux de démolition chez plusieurs clients », précise Sylvain Doucet.

Mises en demeure

La localité de Normandin, qui compte 3000 citoyens, reçoit plus d’une dizaine de mises en demeure chaque jour de la part des assureurs des citoyens. Ceux-ci tiennent la municipalité responsable des refoulements d’égout.

Chaque dossier sera étudié par la compagnie d’assurance de la municipalité.

« C’est vraiment une situation extraordinaire », affirme le maire, Mario Fortin.

Des évaluateurs du ministère de la Sécurité publique se rendront chez les sinistrés dans les prochains jours.