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Payez-le très cher, svp!

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L’histoire de Maurice, cet homme de 64 ans qui a reçu une greffe du visage, la première au Canada, m’a fait réfléchir au salaire des médecins.

Il aura fallu plus de 24 heures et une équipe de neuf médecins pour que l’homme qui avait été victime d’un accident de chasse il y a sept ans retrouve une apparence normale­­­.

Regardez bien les photos avant-après. Il n’y a pas de cicatrices, car une partie du travail est fait par la bouche.

J’ai vu des greffés du visage auparavant, mais jamais avec un tel résultat.

Diplômé de McGill, le docteur Daniel­­­ Borsuk, qui est aussi professeur adjoint de chirurgie cranio-maxillo-faciale pédiatrique et adulte à l’Université de Montréal, a réussi un coup de maître. Le patient avait une chance sur deux de mourir sur la table d’opération. Il le savait. Quel courage, ce Maurice.

Une vraie vie

Quatre mois après l’intervention qui a eu lieu à Maisonneuve-Rosemont­­­, l’homme se porte très bien. Il respire et mastique normalement. Le test du miroir fut un choc, mais il reprend une vie normale avec sa douce. Soixante-quatre ans, c’est jeune.

On oublie que la médecine est une branche de la science. Une histoire comme celle-ci nous le rappelle. Le Dr Borsuk est un grand scientifique, un spécialiste qui mérite d’être extrêmement bien payé. Qu’il gagne 700 000 $ ou plus par année ne m’ennuie­­­ pas. Au contraire. Si on peut le garder ici.

Au fond, le problème dans notre système syndicalo-étatique, c’est que tout le monde est sur un pied d’égalité. Le travail acharné, le talent exceptionnel n’entrent pas dans l’équation salariale.

C’est ce que j’appelle le syndrome Mozart. Si Mozart avait gagné beaucoup plus d’argent que les autres compositeurs de son époque, est-ce que cela aurait choqué quelqu’un ?

Or, le Dr Borsuk, c’est Mozart.