/misc
Navigation

Débat des chefs - Trois coqs et une alouette en colère

Débat des chefs - Trois coqs et une alouette en colère

Coup d'oeil sur cet article

Du débat des chefs hier soir, je retiens une chose : au-delà du chao et des échanges contradictoires inhérents à ce genre d’exercice, les chefs de la CAQ, du PLQ et du PQ ont eu l’air de coqs se chamaillant pour la « clip » médiatique, se coupant la parole constamment pour éviter à tout prix que l’autre ait le dessus.

À côté d'eux, Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, a eu l’air d’une « alouette en colère », réussissant malgré le temps moindre qui lui a été alloué, à faire preuve de respect tout en plaçant ses propres messages, davantage axés sur les engagements de son parti au lieu des dénonciations à tous crins de ses adversaires.

A-t-elle pour autant « gagné » le débat? Je n’ai pas de gagnant-e, ni de perdant-e : je laisse cela à d’autres. Ils et elle ont tous eu leur moment de gloire au cours de ce débat, tout comme leur instant de déception.

Parlez pour vous, pas contre les autres

En bout de ligne, si on souhaite voir nos politicien-ne-s faire de la politique autrement, force est d’admettre que ce débat n’augure rien de bon. Le monde ne veut pas entendre ce que les autres font de mal, mais bien ce que les partis ont de bon à proposer.

En ce sens, Manon Massé de QS est probablement celle qui a été la moins « négative » ou la plus « positive », selon. Bien sûr, elle n’a pas été parfaite. Elle a aussi parfois critiqué ses adversaires. Cela fait partie de la « game ». Mais elle a surtout réussi à placer que QS est clairement indépendantiste, au service du « monde ordinaire » et franchement écologiste.

Alors que ses adversaires ont dû constamment naviguer entre leurs discours racoleurs et les engagements de leur parti respectif qui, plus souvent qu’autrement, se contredisent. Legault qui se dit ouvert à l’immigration tout en menaçant d’expulser les nouveaux arrivants qui échouent son « test des valeurs ». Couillard qui veut prendre soin des aînés mais qui n’arrive pas à justifier son bilan désastreux dans les CHSLD. Ou encore Lisée qui veut protéger les agriculteurs québécois tout en se disant favorable à un nouvel ALENA avec les États-Unis qui pourrait dans les faits mettre en péril la gestion de l’offre et notre souveraineté alimentaire.

Manon Massé a été claire, quant à elle : le Québec doit être indépendant pour avoir tous les pouvoirs de négocier de nouvelles ententes de coopération avec ses partenaires économiques. Le français sera protégé quand on fera réellement la promotion de notre culture. La santé et l’éducation seront remis sur pied quand la population sera au cœur des réformes à venir, au lieu de l’obsession de l’équilibre budgétaire. Et l’avenir de nos enfants sera réellement assuré quand on s’attaquera réellement aux défis environnementaux tels que la lutte aux changements climatiques.

L’intérêt supérieur de la population

Hier soir au débat des « chefs », on a assisté à ce que la politique a de plus partisan à offrir. Mais le monde en a assez du crêpage de chignons. Elle demande à mieux connaître ce que les différents partis politiques ont à proposer et non pas en quoi les propositions de leurs adversaires sont mauvaises pour elle.

Au lieu des coqs qui s’affrontent dans la basse-cour, le monde souhaite de plus en plus d’alouettes en colère.

Reste à espérer que le prochain débat en français, prévu le 20 septembre à TVA, permettra d’élever le niveau des discussions. Reste à espérer que le débat d’hier soir aura permis aux leaders politiques de réaliser que le temps des chicanes est révolu. Que l’intérêt supérieur de la population, dans le contexte actuel, doit primer sur les intérêts à court terme de leurs partis politiques respectifs.

Quand ils auront compris cela, c’est la démocratie qui en profitera

En attendant, j'espère que le débat d'hier était une pratique pour le prochain..

À la revoyure !