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Le nœud gordien de la santé

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Voilà 40 ans que les soins de santé constituent un enjeu majeur de toute campagne électorale. Fidèles à la tradition, les partis surenchérissent les promesses pour nous appâter : réduction de l’attente dans les urgences, décloisonnement des actes cliniques ; même la gratuité des stationnements des hôpitaux sert d’hameçon !

Pareil

En 1990, Marc-Yvan Côté promettait de désencombrer les urgences grâce à son « groupe tactique d’intervention ». En 1999, Pauline Marois élaborait un « plan d’action » ayant la même ambition. Puis, nous avons subi la réforme Couillard et la réforme Barrette. Résultat ? Plus ça change, plus c’est pareil !

Le temps d’attente médian à l’urgence stagne à plus de 9 heures. En 1993, les Québécois devaient patienter 7,3 semaines entre le moment où ils étaient adressés à un spécialiste et le début du traitement. Aujourd’hui, le délai atteint 20,6 semaines !

De plus, la « gratuité » de notre système coûte outrageusement cher. Cette année, une famille canadienne moyenne de deux adultes et un enfant paiera 12,443 $ en impôts pour financer le système de santé. Pour un individu seul, la facture atteint 4,640 $. Depuis 1997, les prix à la consommation ont augmenté de 46,5 %, tandis que le financement de la santé a bondi de 184,8 %.

Ce sombre bilan n’est attribuable ni à un financement insuffisant ni à une organisation déficiente. Le problème est que nous avons choisi un système de santé socialiste. Au fil des lois et des réformes, il est devenu un nœud gordien qui, comme dans la mythologie, ne pourra être tranché qu’avec un coup brutal, mais efficace.

Allemagne

L’Allemagne a tenté l’expérience de s’ouvrir au privé. Aujourd’hui, à peine 1 % des patients attendent plus de cinq heures à l’urgence. Au final, nous devons choisir entre faire une place à un système privé ou être éternellement privés de soins. Et ça, aucune promesse électorale ne pourra rien y changer !