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Le pouvoir rose s’affirme au Québec

Les actifs sous gestion détenus par les femmes vont bientôt atteindre 580 G$

Colloque sur le pouvoir financier des femmes
Photo Diane Tremblay Les femmes n’osent pas toujours dire qu’elles font de l’argent. Il y a encore une forte connotation négative associée à l’argent dans la société québécoise d’aujourd’hui, affirment les intervenants qui ont pris part hier à un colloque où il était questionde la relation des femmes avec l’argent et qui a attiré plus de 300 participants à Québec, en forte majorité des femmes.

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Même si elles ont encore de la difficulté à parler d’argent, le pouvoir financier des femmes s’accroît. En effet, on estime que les actifs sous gestion détenus par les femmes passeront de 300 G$ à 580 G$ d’ici 2024, au Québec seulement.

Le transfert de richesse favorisera les femmes au cours des prochaines années, a affirmé hier Alain Desbiens, directeur FNB BMO Québec, lors d’un colloque dédié à la relation des femmes avec l’argent.

Citant des données provenant d’Investor Economics, les femmes possédaient le tiers des actifs au Canada, en 2014, soit l’équivalent de 1,2 trillion de dollars.

« Au Québec, en 2014, c’était 225 G$ d’investissements excluant l’immobilier. Aujourd’hui, ce pouvoir-là représente presque 300 G$ d’actifs et, selon les perspectives d’Investor, les femmes vont détenir en 2024, près de 46 % des actifs sous gestion. Non seulement les femmes ont du pouvoir, mais il croît année après année », a-t-il dit.

Transfert de la richesse

L’une des raisons est le transfert de la richesse qui les favorise. Près de 70 % des bénéficiaires seront des femmes. Il s’agit d’actifs cédés lors du décès d’un conjoint ou du décès d’un parent pour les enfants filles.

Cette réalité contribue à redéfinir l’offre de services des courtiers et des institutions, a soutenu M. Desbiens.

« Une donnée importante est que les femmes ne sont pas satisfaites des services qu’elles reçoivent, puisque 80 % d’entre elles changent de conseiller au décès de leur mari », a-t-il poursuivi.

La BMO et la RBC ont créé des fonds d’investissement d’impact qui misent sur les sociétés ayant une meilleure représentativité de femmes au sein de leur conseil d’administration.

Par ailleurs, il s’avère aussi que les femmes seraient de meilleures investisseuses sur le long terme. D’après M. Desbiens, elles auraient tendance à faire des choix plus rationnels.

Assumer leur richesse

Pour la femme d’affaires Geneviève Desautels, présidente d’Amplio Stratégies & Illuxi, les femmes doivent assumer le pouvoir qu’elles possèdent et faire fi du syndrome de l’imposteur.

« Il reste du chemin à faire. Il y a une espèce de jalousie quand tu réussis. Les garçons ne réagissent pas de la même façon », a-t-elle témoigné.

L’indépendance financière est cruciale pour les femmes, ajoute M. Desbiens.

« Il n’y a aucun avantage à être pauvre », dit-il. Dans ce contexte, tous les intervenants sont unanimes pour dire que les jeunes filles auraient avantage à s’intéresser encore plus à la littératie financière.

Modes de gestion les plus fréquents dans les couples au Québec

  • 54 % mise en commun des revenus
  • 21 % prorata
  • 16 % 50-50
  • 9 % allocation domestique

Source : L’amour et l’argent, Hélène Belleau et Delphine Lobet, les éditions du remue-ménage