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Lisée performe. Legault surfe. L’Ontario triomphe!

Jean-François Lisée
Photo courtoisie, The Canadian Press Jean-François Lisée

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Jean-François Lisée a entrepris le débat en lion. Ses remarques initiales furent percutantes, bien senties et livrées avec intensité et verve. Ne sous-estimez pas ce moment : les experts des débats ont l’habitude de dire que les cotes d’écoute et le niveau d’attention sont à leur maximum dans les toutes premières minutes.

Monsieur Lisée est un vrai naturel de l’art de débattre. Ses militants avaient raison d’avoir confiance en sa performance. Il a soutenu ses arguments par des exemples concrets, il a été impitoyable sur le bilan de Philippe Couillard. Jean-François Lisée a eu beaucoup de misère à laisser la parole aux autres. On finissait par croire qu’il se trouvait lui-même très bon.

Philippe Couillard

À la base, le chef libéral maîtrise remarquablement les contenus. Il n’a pas besoin de documents ou de notes, ni pour les chiffres ni pour les enjeux. Son défi c’est de transformer cette maîtrise des contenus en messages simples et sentis qui touchent les gens. Ce soir, il n’a échoué à le faire que sur le thème crucial de la santé. Il a un peu mieux réussi ensuite.

Philippe Couillard avait besoin d’un coup de barre solide. Les cinq ou six derniers jours de sa campagne ont été franchement difficiles. Le niveau d’énergie a baissé et le message s’est embrouillé. Hier soir, il a été beaucoup trop sur la défensive pour y arriver.

François Legault

François Legault devait craindre de devenir la planche où on lance les dards. Ce n’est pas arrivé. Legault a su rester plutôt à l’attaque. Meneur dans les sondages, il en sort vraiment avec un minimum d’égratignures. Et il a passé ses messages, malgré un langage souvent technique.

Le chef de la CAQ a profité du fait de voir la santé être abordée comme premier sujet. C’était l’occasion de passer en rafale tous ses messages-clés. Attaquer le gouvernement libéral, rappeler que les libéraux sont au pouvoir depuis longtemps, rappeler que les libéraux avaient promis de mettre fin à l’attente en 2003.

Jean-François Lisée a remporté la joute oratoire. Plus habile et incisif, il a marqué des points et surtout il a évité de se montrer arrogant comme certains le craignaient. Cependant, monsieur Lisée n’a pas réussi à accomplir les deux grosses tâches qui étaient les siennes. Clarifier le sens d’un vote au PQ une fois la souveraineté mise en veilleuse et discréditer Québec solidaire qui lui gruge des votes.

Manon Massé n’a été ni bonne ni mauvaise. Elle a su profiter de deux avantages : son discours très à gauche se distingue des autres chefs et elle sait parler simplement aux gens.

Elle a été la championne de la gratuité. Le mot gratuité tourne au ridicule. Il n’y a rien de gratuit dans la vie. Il n’y a que les choses qu’on fait payer par les autres. Et tout ce qui est gratuit finit par être gaspillé. Quel manque de sérieux populiste !

Jamais entendu autant de comparaison avec l’Ontario en une soirée. Dois-je rappeler que l’Ontario a un niveau de vie supérieur ? C’est ça la donnée fondamentale.