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L’odyssée aquatique de Nathalie Lasselin: la tête sous l’eau pendant 30 heures

Nathalie Lasselin
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS Nathalie Lasselin

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Lorsque vous lirez ces lignes, l’exploratrice et cinéaste sous-marin Nathalie Lasselin devrait être immergée sous les eaux troubles du fleuve Saint-Laurent, où elle doit longer l’île de Montréal sur 70 km sans jamais remonter à la surface, dans une odyssée jamais tentée auparavant.

À 6h30 vendredi matin, Nathalie Lasselin devait se lancer à l’eau à partir de L’Île-Perrot, à l’extrémité ouest de Montréal. Elle devrait n’en sortir qu’une trentaine d’heures plus tard, lorsqu’elle aura atteint Repentigny.

Selon l’exploratrice connue notamment pour sa participation à l’émission Chasseurs d’Épaves sur Historia TV, c’est la première fois qu’une plongée de cette ampleur sera effectuée dans le monde.

Forte de près de 20 ans d’expérience à sillonner les fonds marins aux quatre coins de la planète, l’exploratrice ne s’en cache pas : cette odyssée aquatique sera extrêmement éprouvante.

« Je me dis que ça va être l’enfer, je me dis que ça va être la chose la plus difficile de ma vie. Je vais avoir mal, je vais en avoir marre, je m’attends à ça », lance celle qui a été intronisée à la Women diver Hall of Fame en mars dernier.

C’est en survolant le fleuve Saint-Laurent au retour de ses nombreuses expéditions internationales qu’elle s’est mise à se questionner sur ce qu’il y avait tout au fond. « À force de me poser des questions, fallait que j’y réponde! »

Son expédition contribuera à avoir une meilleure connaissance du fleuve, puisqu’elle recueillera des échantillons d’eau et de sédiments. Des chercheurs les analyseront pour déterminer quels sont les taux de contaminants émergents comme les pesticides et les composés pharmaceutiques.

Défi de taille

« C’est probablement le pire endroit où faire ce genre de projet parce qu’il y a énormément d’eau, énormément de courant et énormément d’obstacles », admet Nathalie Lasselin.

Elle doit passer sous huit ponts et traverser deux tunnels, tout en évitant les roches et les débris qui se pointeront sur son chemin. Elle doit aussi combattre les impétueux rapides de Lachine.

« J’ai un casque, des coudières et des genouillères parce qu’il y a un 25 kilomètres où on ne devrait pas faire de la plongée vraiment. Dès qu’on part du quai de Lachine pour arriver presque au pont Jacques-Cartier, c’est un endroit où l’eau fait ce qu’elle veut avec moi. C’est hallucinant! »

La visibilité est si réduite dans le fleuve qu’elle ne devrais jamais voir plus loin que 120 centimètres devant elle, la rendant ainsi dépendante des indications de son équipe de 30 personnes qui se relaieront pour la guider et la réapprovisionner à toutes les étapes de son odyssée.

Cela fait plus d’un an et demi que Nathalie Lasselin se prépare pour son expédition. Chaque étape du parcours a été pensée et repensée pour s’assurer de son bon déroulement.

« J’ai tout préparé d’avance et tout pensé la logistique. Tout a été répété maintes fois, mais une fois que je suis sous l’eau, je n’ai aucun contrôle, mentionne-t-elle. Alors, pour moi, c’est le plus beau des voyages. »

 

Détails techniques

· Équipement total pesant entre 70 et 100 kilogrammes, selon l’étape du parcours

· Utilisation d’un recycleur, qui permet de récupérer l’air de sa propre respiration

· Utilisation d’un propulseur (ou scooter sous-marin) pour se diriger

· Alimentation par nourriture liquide, développée avec l’aide d’un chef cuisinier

· Préparation psychologique grâce à l’autohypnose