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Même pour ses concitoyens, Trump est un criminel

Même pour ses concitoyens, Trump est un criminel
AFP

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Trump, un hypocrite et un manipulateur

En 2016, Donald Trump se targuait d’être le preux défenseur de la classe moyenne américaine et le pourfendeur des élites. Rien qu’à observer son passé, il me semble que les gens ordinaires auraient pu facilement constater que ce dernier mentait éhontément. En campagne électorale, Donald s’en est pris férocement aux banquiers et en particulier à la banque d’affaires Goldman Sachs, qu’il tenait responsable de la crise financière de 2008 et de l’appauvrissement de la classe moyenne. Et les naïfs et les innocents qui se disaient tout contents, qu’enfin ils allaient avoir un président républicain au service du peuple qui allait s’attaquer énergiquement aux odieuses inégalités économiques.

Immédiatement après avoir été élu

Après s’en être pris à la cupidité et à la rapacité de Goldman Sachs, il a nommé six patrons de cette firme dans son gouvernement, tous des gens très riches à la très grosse droite comme Gary Cohn, Jay Clayton, Anthony Scaramucci de même que : « Avec Steve Bannon, l’extrême droite entre à la Maison-Blanche de Donald Trump » et aussi « Steven Mnuchin : un loup de Wall Street à la Maison-Blanche » (Le Journal de Montréal, 14 novembre 2016 et Le Monde, 30 novembre 2016). Donald Trump contre les élites, mon œil : « La fortune des 17 membres du cabinet Trump dépasse celle cumulée de 126 millions d’Américains » (Le Huffington Post, 16 décembre 2016). Bah, Goldman Sachs, des milliardaires oui, mais du bon monde : « La Securities and Exchange Commission (SEC) accuse Goldman Sachs de fraude » et aussi « Crise financière en Grèce. Les astuces très rentables de la finance. Goldman Sachs a permis à l’État grec de maquiller la réalité de sa dette » (Le Devoir, 17 avril et 18 février 2010). Toujours en rapport avec la crise financière de 2008, causée par l’avidité des institutions financières : « Les banques américaines et la crise de subprimes. Plus de 125 milliards US en punitions et frais » dont 5 milliards pour Goldman Sachs : « Goldman Sachs finalise (avec la justice américaine) un accord de 5 milliards » (La Presse, 22 août 2014 et Le Devoir, 12 avril 2016). Encore une fois, ce sont les entreprises qui ont payé et non les dirigeants de ces banques qui sont les responsables de la crise financière. Pas grave, ce n’est pas leur argent, c’est celui des gestionnaires. Il aurait fallu emprisonner pour longtemps ces truands et malfrats. Crise financière ou pas, Donald Trump, quasiment un socialiste, a déréglementé le secteur bancaire aux States, ce qui fait qu’au deuxième trimestre 2018, les banques américaines ont réalisé des profits de 60 milliards $ US en hausse de 25 %.

À qui profitent les baisses d’impôt?

Arrêtez donc de vous faire embobiner par le patronat, ses politiciens et ses universitaires affiliés qui militent tout le temps pour des baisses d’impôts sur le revenu et pour une hausse des taxes à la consommation (TVQ-TPS) et des tarifs sur les services publics utilisés. Ça profite aux riches. Allez-vous finir par comprendre? Et dire qu’après le PLQ, voilà que la CAQ promet d’autres baisses d’impôts.

Alors en campagne électorale, l’homme du peuple se faisait menaçant : « Donald Trump propose d’augmenter l’impôt des plus riches » (Radio-Canada, 8 mai 2016). C’était juste une joke afin d’attraper les ignares. Élu, Donald a fait évidemment tout le contraire. Et les gagnants de ces mirobolantes baisses d’impôts sont comme toujours : « Les plus riches Américains (ceux justement qu’il voulait taxer davantage) pourraient recevoir (et l’ont reçu) un cadeau (et un “big” en plus de ça) digne des années Reagan (un homme très beaucoup à droite) » (Radio-Canada, 1er décembre 2017). Et le résultat est : « Les baisses d’impôts promises par Trump profiteront aux riches » (Le Journal de Montréal, 12 octobre 2016). Et Trump récidive dans sa précieuse contribution aux nantis et veut maintenant détaxer davantage les gains en capital qui déjà sont peu imposés.

Et que fait l’anti-élite pour son peuple?

Bravo à Donald pour son programme. Et dire que face aux pays étrangers, il veut augmenter leurs tarifs douaniers afin de venir en aide à « ses » travailleurs américains ordinaires et à la plèbe. Après avoir gâté la classe économique dominante, c’est maintenant au tour des gens du peuple de passer à GO comme dans : « Donald Trump (après avoir réduit les impôts des nantis et des compagnies) promet l’équilibre en réduisant les programmes sociaux » (Le Journal de Montréal, 23 mai 2017). Ça vous fait pas penser aux mesures d’austérité du PLQ? Et Donald qui coupe dans le gras du maigre : « Pas efficace. La Maison-Blanche (de Trump) supprime l’aide aux élèves démunis » (La Presse, 16 mars 2017). Et deux autres rapides : « Le budget Trump sabre l’aide sociale et augmente les dépenses militaires » (Le Journal de Montréal, 23 mai 2017). Ben quoi, il faut protéger les pauvres Américains de la menace des talibans, des musulmans, des Russes et même des Cubains. Une autre pour les pauvres : « Obamacare : Trump supprime les subventions pour les moins nantis » (Le Devoir, 13 octobre 2017). Bah, l’assurance-santé, quossa donne? On a juste à rester en santé.

Et les politiques « progressistes » de l’homme de la rue donnent des résultats surprenants, comme « 50 millions de foyers américains dont les revenus d’emploi sont insuffisants pour satisfaire un ou plusieurs besoins essentiels dans une économie moderne » (Le Journal de Montréal, 21 mai 2018).

Une dernière en prime juste pour vous : « 24 millions d’assurés en moins avec “Trumpcare” » (Le Journal de Montréal, 14 mars 2017).

Il ne faut pas être trop vertueux

Les âmes sensibles, arrêtez votre char. Ben Carson, le secrétaire du département de l’Habitation et du Développement urbain, un ministère censé donner un toit aux plus démunis l’a dit : « La pauvreté est, dans une large mesure, un état d’esprit ». Une fake news, quoi? Donald aime s’entourer de gens avec une solide base philosophique comme son avocat personnel, Rudy Giuliani qui a mentionné que : « la vérité n’est pas la vérité et que les faits étaient une question de perception » (Le Journal de Montréal, 21 août 2018). Et dire que ce sont des crétins comme ça qui dirigent la plus puissante économie du monde. Vivement les élections de mi-mandat du 8 novembre prochain au Congrès et au Sénat afin de les virer. Si jamais les républicains sont réélus, je change de métier afin de devenir lobbyiste ou commentateur sportif. Je vous le dis pour la dernière fois : la pauvreté n’est pas la pauvreté. Léo, tu n’es même pas original, tu singes Giuliani.

D’après vous, il arrive quoi maintenant?

Soyez dans l’allégresse et dans l’effervescence : « Wall Street connaît sa plus longue période de croissance (en 40 ans) » (Le Devoir, 22 août 2018). L’indice boursier américain a atteint un sommet historique. Bonnes nouvelles pour la classe moyenne et les moins riches, n’est-ce pas? Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, que votre joie soit profonde, car les écarts de richesse s’accentuent à la vitesse grand V avec Donald Trump. Pourquoi pas demander au pape François de le canoniser de son vivant, en première mondiale? Comme l’a dit l’analyste américain Sam Stovall, les entreprises réalisent des profits particulièrement « étincelants ».