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Pas d’écologie sans indépendance pour QS

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Tout en estimant être le seul parti qui parle aux jeunes, Québec Solidaire base son plan de transition vers un Québec plus vert et plus prospère sur la souveraineté, une option largement rejetée par les 35 ans et moins.

Le parti de gauche présentait ce matin son plan de transition économique, une pierre angulaire de son programme qui vise à réduire de façon massive les émissions de gaz à effet de serre du Québec d'ici 2050.

Pour la porte-parole solidaire, Manon Massée, il s’agit d’« une révolution », d’un « changement de cap radical » qui va « bousculer » les Québécois.

Ce plan est toutefois conditionnel à la séparation du Québec. «Il faut, dès notre premier mandat, entreprendre une rupture avec la fédération canadienne pour pouvoir réaliser ce plan», peut-on lire à la toute fin du document de 82 pages.

«Pour aller jusqu’au bout de tout ça, on a effectivement besoin de la souveraineté», a confirmé Mme Massé en rencontre éditoriale avec les médias.

Jeunes fédéralistes

La souveraineté a pourtant été largement éclipsée de la campagne jusqu’ici, devant le désintérêt de l’électorat, en particulier chez les plus jeunes.

Les plus récents sondages montrent que les jeunes électeurs ont massivement tourné le dos à la séparation du Québec. Entre 18 et 35 ans, sept électeurs sur dix se déclarent fédéralistes, d’après un sondage de la firme Ipsos dévoilé cette semaine dans La Presse.

« C'est difficile d'y voir une bonne nouvelle pour les partis souverainistes, à la fois le Parti québécois ou Québec solidaire », analysait Sébastien Dallaire d’Ipsos.

Mme Massé est pourtant convaincue que son parti est tourné vers les jeunes.

«Le seul parti qui parle à nos jeunes, à nos générations futures, et c’est le mien», a-t-elle insisté.

Projet de société

Mais pour la porte-parole solidaire, les propositions de QS sont capables de rallier les jeunes électeurs à l’indépendance du Québec.

«Si les jeunes, et même la population du Québec en général, est moins intéressée actuellement à la question de l’indépendance du Québec, c’est parce que depuis 1995 on n’en parle plus ou quand on en parle c’est pour parler de mécanique. On ne leur parle pas de projet de société», a-t-elle dit.

Québec Solidaire propose notamment d’interdire la vente de voitures à essence d'ici 2030, de favoriser la production de batteries au Québec et d’installer des péages sur les autoroutes et les ponts.

Le dernier mot à Ottawa

La protection de l’environnement est une compétence partagée entre Ottawa et les provinces.

Mais le dernier mot appartient à Ottawa sur les enjeux communs à la fédération, dont le transport maritime et ferroviaire, les aéroports, les pipelines interprovinciaux, la pêche, les réserves autochtones et le nucléaire.

Le gouvernement fédéral a également le pouvoir d’outrepasser les provinces pour protéger les espèces en péril quand il juge qu’elles ne font pas leur travail.

Ce fût notamment le cas pour la rainette faux-grillon. Pour protéger cette grenouille, Ottawa a stoppé des travaux qu’avait autorisés Québec, sur la Rive-Sud de Montréal.

Le ministère fédéral de l’Environnement a prévenu qu’il pourrait agir de la même façon pour les caribous en forçant la création d’aires protégées pour les sauvegarder.