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Une saison de rebondissements

Tomas Plekanec et Antti Niemi étaient au boulot lors de la rentrée, hier.
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Tomas Plekanec et Antti Niemi étaient au boulot lors de la rentrée, hier.

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C’est reparti. Mais cette fois-çi, disons que c’est un camp d’entraînement plutôt intrigant qui s’ébranle aujourd’hui.

Intrigant dans le sens qu’on a du mal à se faire une petite idée de la formation qui affrontera les Maple Leafs de Toronto le 3 octobre. Pour tout dire, et c’est ça qu’on a ressenti tout au cours de l’été en croisant ici et là des partisans de l’équipe, quelles sont vraiment les attentes ?

Il n’y en a pas.

Peut-on prédire une qualification au tournoi printanier ?

On en doute.

Peut-on prédire un retour en force de certains vétérans qui ont carrément failli à la tâche, l’an dernier ?

On l’ignore.

Peut-on penser un instant que le Canadien a les effectifs pour menacer les quatre meilleures formations de sa division (Tampa, Toronto, Boston et Floride) ?

Encore là, on peut difficilement chasser le doute.

Va-t-on, dans le contexte actuel, avec le départ de Max Pacioretty et d’Alex Galchenyuk, remplacés par Max Domi et Tomas Tatar, ouvrir toutes grandes les portes aux joueurs prometteurs ?

Aux dernières nouvelles, Marc Bergevin ne croyait pas à un processus de reconstruction. Il l’a dit, il l’a répété, affirmant qu’une reconstruction, c’est tout démolir et repartir à zéro. Disons quand on parle de reconstruction dans le monde du sport, ça ne veut pas nécessairement dire tout jeter par-dessus bord. Il y a des éléments qui restent en place jusqu’au moment où, dans le processus, on aura atteint les objectifs fixés.

La rénovation

Pour l’instant, Carey Price et Shea Weber ne sont-ils pas les deux joueurs identifiés pour que le travail de rénovation – si on peut se permettre plutôt que le mot reconstruction – s’effectue avec efficacité ?

Il sera donc intéressant d’épier les décideurs de l’organisation et voir quelle orientation ils donneront à la prochaine saison.

Va-t-on opter pour la jeunesse ?

Si Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki retiennent l’attention ; s’ils parviennent à se démarquer dans le cadre des matchs préparatoires, osera-t-on ?

Si on se fie aux propos de quelques membres de la direction, on doute que Kotkaniemi et Suzuki parviennent à se tailler une place dans le vestiaire, mais les circonstances ne s’y prêteraient-elles pas, évidemment si les performances plongent les décideurs dans une étude approfondie ? Je soulève les noms de Kotkaniemi et Suzuki, mais ça pourrait être un autre jeune. Un autre Victor Mete, par exemple. Après tout, même si on refuse de l’admettre publiquement, les administrateurs, entre quatre murs, doivent sûrement reconnaître que cette équipe est dans une phase particulière. On a beau dire que l’objectif, ce sont les séries éliminatoires, mais il faut également être réaliste. Le Canadien peut-il devancer les huit meilleures formations de l’Association de l’Est ?

Des changements

À ne pas négliger non plus : le Canadien sera surveillé de près par les autres directeurs généraux. Pourquoi ? Parfois, les équipes négligées ont toujours de quoi intéresser des organisations qui recherchent du renfort.

Il ne fait aucun doute que la prochaine saison risque d’être marquée par des rebondissements spectaculaires.

On a beau préciser que le Canadien n’est pas entré dans un processus de reconstruction, mais on n’a pas été trop convaincant avec les décisions prises au cours des derniers mois.

Wilson brillant !

Il ne restait que quatre formations intéressées.

Les Stars de Dallas, le Lightning de Tampa Bay, les Golden Knights de Vegas et les Sharks de San Jose.

Dallas vient d’accorder un contrat de près de 80 millions $ à Tyler Seguin. Donc, ça compliquait les choses pour le directeur général, Jim Nill.

Le Lightning : il n’était pas question de céder Brayden Point.

Les Golden Knights ? On ne voulait pas se départir de Cody Glass parce qu’on ne sait toujours pas si William Karlsson pourra répéter ses exploits de l’an dernier. En d’autres mots, on veut s’assurer que Karlsson n’est pas un feu de paille. Et Glass est considéré comme le joueur par excellence dans les mineures.

Doug Wilson, qui n’a jamais lâché le morceau, est arrivé avec une offre étonnante, profitant d’une situation qui le servait à merveille.

Les trois autres équipes impliquées dans les discussions n’ont jamais voulu aller plus loin dès que Pierre Dorion a voulu piger dans les joueurs exerçant un impact important.

Proposition complexe

Wilson y est allé d’une proposition complexe sans toutefois toucher aux effectifs les plus importants de son organisation. Chris Tierny est un joueur apprécié par les entraîneurs des Sharks, 40 points, l’an dernier, contre le meilleur centre adverse. Dylan DeMalo, un défenseur correct, pas plus. Josh Norris, un choix de 1er tour, puis, une série de choix de 1er tour et de deuxième tour et comme addendum, plusieurs scénarios dans le cas de Karlsson.

À première vue, et j’imagine que c’est le cas à Ottawa, c’est décevant. On pensait que Karlsson permettrait aux Sénateurs d’obtenir des joueurs de premier plan. Sauf qu’on oublie que Dorion n’avait pas trop de marge de manœuvre. Un joueur qui ne voulait plus poursuivre sa carrière à Ottawa. Un joueur qui venait de refuser 80 M$ pour huit ans. Un propriétaire qui veut amenuiser la masse salariale. La compétition savait que Dorion était dans une situation délicate.

Dans les circonstances, il a pris ce qu’il restait sur la table. Il n’avait plus le choix à partir du moment où il devait effectuer un changement avant le début de la saison.

À San Jose, on jubile. Les Sharks ont une solide équipe. J’ai hâte de voir Karlsson aux côtés de Marc-Edouard Vlasic, l’un des meilleurs défenseurs défensifs de la LNH. Les Sharks ont les effectifs pour rivaliser avec les meilleures formations de l’Association de l’Ouest et atteindre la série finale de la Coupe Stanley est un objectif fort réaliste.