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Débat des chefs - Le communautaire en colère

Débat des chefs - Le communautaire en colère

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Plus de 1000 personnes des organismes d’action communautaire autonome ont manifesté hier soir à l’occasion du débat des chefs pour réclamer des engagements fermes des leaders des partis politiques à l’égard de leur financement et de leur travail essentiel auprès des Québécois-e-s à chaque jour.

Pourtant, rien n’a été dit à ces sujets hier soir au débat, alors que ces groupes contribuent à maintenir 60 000 emplois et sont soutenus par 425 000 bénévoles.

Les organismes d’action communautaire autonome sont plus de 4000 au Québec. Ils œuvrent auprès de plus de 2 millions de Québécois-e-s à chaque année. Ils interviennent auprès des personnes en situation de pauvreté, des femmes, des immigrant-e-s, des familles, des jeunes et moins jeunes, etc., en plus d’agir au sein de leurs communautés en faveur du respect de l’environnement, du développement régional, de la réponse aux besoins en habitation, de la solidarité internationale, du rayonnement de médias alternatifs, etc.

La force du tissu social au Québec est en bonne partie due à ces organismes qui sont nés d’initiatives citoyennes au cours de 50 dernières années.

Un silence inquiétant au débat des chefs

Mais encore aujourd’hui, les groupes communautaires sont sous-financés. Simplement pour se mettre à jour et répondent aux besoins de la population, 475 millions $ de plus par année sont nécessaires.

C’est tout de même moins de 1% de toutes les dépenses de programmes du gouvernement du Québec.

Mais cette somme permettrait de répondre à la demande actuelle des citoyen-ne-s.

Dans un contexte de désengagement de l’État qui « privatise » des services à la population, le gouvernement sollicite les organismes communautaires pour assumer, à moindre coût bien souvent, ses propres responsabilités.

La demande de ces groupes est également inférieure aux 600 millions $ dont se prive le gouvernement à chaque année, depuis 2011, en accordant aux banques un exemption de taxes sur leur capital, alors que celles-ci engrangent des profits nets totalisant des dizaines de milliards $ année après année.

Pourtant, pas un mot hier soir au débat des chefs au sujet des organismes d’action communautaire autonome. Même si tous les partis politiques disent appuyer leur travail.

Avez-vous déjà entendu un-e candidat-e, tout parti confondu, être contre ces organismes? Pas moi.

Avez-vous déjà entendu un-e politicien-ne se prononcer contre les demandes organismes d’action communautaire? Pas moi.

Avez-vous vu dans le cadre financier des partis une ligne consacrée aux organismes communautaires? A priori, seuls QS et le PQ en ont une. Le PLQ et la CAQ n’en parle même pas quand on fait une recherche avec le mot « communautaire ».

Manon Massé et JFL seraient d’ailleurs les deux seuls chefs qui auraient été à la rencontre des manifestant-e-s hier soir.

Il reste encore un peu moins d’une vingtaine de jours aux partis pour se réchapper et dire clairement comment ils entendent appuyer les organismes d’action communautaire, au-delà des belles intentions.