/elections
Navigation

«Droit de regard» sur l’immigration: Lisée prêt à en découdre avec Ottawa

Jean-François Lisée et la caravane péquiste se sont arrêtés à Ottawa, dimanche, pour envoyer un message à Justin Trudeau.
Patrick Bellerose Jean-François Lisée et la caravane péquiste se sont arrêtés à Ottawa, dimanche, pour envoyer un message à Justin Trudeau.

Coup d'oeil sur cet article

Jean-François Lisée reconnaît que le gouvernement fédéral a légalement un «droit de regard» sur les seuils d’immigration, mais se dit prêt à mener la bataille juridique et politique si Ottawa conteste une révision à la baisse du nombre d’immigrants économiques admis annuellement au Québec.

«Je suis aussi un juriste, je sais lire les textes, mais je suis en politique et je sais lire le rapport de force politique. Ce n’est pas parce qu’il y a un pouvoir de désaveu à Ottawa, qu’on ne votera pas la loi 101 au Québec», a-t-il illustré lors d’un point de presse tenu devant le parlement fédéral à Ottawa.

«Jusqu’à maintenant, jamais un gouvernement fédéral n’a remis en question les décisions du Québec, et je ne leur conseille pas d’essayer avec moi», a-t-il ajouté.

La caravane péquiste a fait un détour inusité par l’Ontario dimanche pour annoncer comment un gouvernement Lisée entend défendre les intérêts du Québec face au gouvernement fédéral. 

Mais Jean-François Lisée a été rattrapé par le débat sur les seuils d’immigration qui fait rage entre les campagnes libérale et caquiste depuis le débat des chefs jeudi dernier.

Dimanche, Philippe Couillard a rappelé que le gouvernement fédéral a un droit de regard sur le nombre d’immigrants économiques que la province accueille annuellement, en vertu de l’Accord Canada-Québec sur l’immigration. François Legault, lui, s’est dit étonné d’entendre que le premier ministre sortant considère que le Québec doit attendre d’avoir l’aval d’Ottawa pour réduire les seuils d’immigration.

«Chicane»

Le chef péquiste a également refusé de céder devant un possible désaveu du fédéral. «On va occuper tout notre territoire juridique et tout notre territoire politique, a lancé M. Lisée. Et s’ils veulent contester la capacité du Québec de choisir, en fonction de ses besoins, sa politique d’immigration : on aura un beau débat politique, entre autres à l’élection fédérale de 2019.»

Il a toutefois refusé de préciser comment son gouvernement pourrait imposer sa politique en immigration face à Ottawa. «Il faudrait une décision politique de Justin Trudeau de créer une chicane, et là on verrait quels sont les recours légaux, dit-il. Mais ça n’arrivera pas. Avec un gouvernement du Parti québécois, ça n’arrivera pas.»

Jean-François Lisée ne s’est pas engagé à diminuer les seuils d’immigration, mais propose plutôt que la Vérificatrice générale fasse une recommandation au gouvernement sur le nombre de personnes que le Québec est capable d’intégrer chaque année.

«Probablement que ça va être autour de 35 000-40 000 (nouveaux arrivants par an) parce que ça va être le succès», a-t-il toutefois précisé le 7 septembre dernier.

Dimanche, il a rectifié le tir. «Dans les échanges que j’ai eu avec vous par la suite, et tous les jours par la suite, j’ai précisé que je parlais du passé. Pour l’avenir, on va voir ce que les besoins du Québec, tels que mesurés seront», a-t-il dit.

M. Lisée martèle qu’il refuse de spéculer sur les seuils. «Je veux avoir une évaluation fondée sur les besoins réels du Québec et sa capacité d’intégration», affirme-t-il.