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«Last call» pour un bar qui n’aimait pas la police

Le Spartan Lounge faisait de la contrebande de tabac et laissait fumer ses clients

Bar Sparta Café
Photo Pierre-Paul Poulin Le bar du 885, rue Jean-Talon Ouest à Montréal, a eu maille à partir avec les policiers du SPVM dans les deux dernières années.

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Un bar de Montréal dont les clients fumaient à leur guise et où les policiers n’étaient pas les bienvenus a dû fermer ses portes parce que le propriétaire se livrait à la contrebande de tabac.

Le Spartan Lounge, aussi appelé Café Sparta, a vu la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) lui révoquer son permis de bar et sa licence pour exploiter des appareils de loterie vidéo en juillet en raison d’atteintes « flagrantes » à la tranquillité publique et d’un « commerce illégal » de contrebande de tabac.

La semaine dernière, le Tribunal administratif du Québec a maintenu cette décision contestée par le tenancier fautif malgré des preuves jugées « accablantes ».

Les inspections du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à cet établissement de la rue Jean-Talon Ouest, dans le secteur Côte-des-Neiges, étaient plutôt houleuses.

Le 3 mars, les policiers ont été accueillis par une « clientèle hostile » qui leur a proféré des insultes, sans que le propriétaire présent lève le petit doigt.

La police avait ce bar à l’œil depuis qu’un coup de feu y avait été tiré, le 24 janvier 2016.

Porte de bar verrouillée

Alertés par un appel du 911, les policiers s’étaient butés à une porte verrouillée et comme personne ne leur répondait, ils avaient dû fracasser une fenêtre pour entrer. À l’intérieur, il y avait une quarantaine de clients et le suspect s’était sauvé par une fenêtre.

À chacune des visites suivantes, les patrouilleurs y constataient « un nuage de fumée » et des verres d’eau remplis de mégots.

Le tenancier a restreint l’accès au bar en faisant installer une caméra de surveillance à l’entrée et un système permettant de déverrouiller la porte à distance. Ce dispositif par lequel les clients devaient « sonner » pour y pénétrer ne servait qu’à retarder l’entrée des policiers dans l’établissement, selon le SPVM.

Agent double

Mais à l’automne 2016, la police a saisi 16 cartouches de cigarettes de contrebande au bar et 110 autres au domicile du propriétaire, Qiang Lin.

Un agent double du SPVM jouant le rôle d’un client du bar était parvenu sans mal à y faire cinq achats de tabac de contrebande, en s’adressant directement au proprio et à la conjointe de ce dernier. La cartouche se vendait 20 $ et le paquet, 7 $.

Qiang Lin s’est défendu de toute infraction en prétendant que la police lui a saisi sa « réserve personnelle » de cigarettes et qu’il « fume beaucoup ». Une explication « invraisemblable » et sans « aucune crédibilité », a conclu la RACJ.