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CSDM: la moitié des profs songent à quitter d’ici 5 ans

Plus de 1200 profs de la Commission scolaire de Montréal sondés

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La moitié des profs de la plus grosse commission scolaire du Québec songent à la quitter d’ici cinq ans, selon un sondage syndical.

« Ce sont des résultats renversants », dit Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.

Sur les 8928 membres qu’elle représente, plus de 1200 enseignants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont été sondés vers la fin de la dernière année scolaire par la firme BIP.

Un prof sur deux a répondu qu’il ne se voyait pas à la CSDM dans cinq ans. Cela représenterait quelque 4500 postes à combler, indique Mme Renaud.

Quelque 20 % ont précisé avoir l’intention de changer de carrière ou de commission scolaire.

Près d’un prof sur quatre (24 %) dit avoir l’intention de prendre sa retraite dans les cinq prochaines années, dont 7 % qui prendraient une retraite anticipée.

Cette proportion de départs à la retraite est plutôt normale puisque chaque année, environ 3 % de l’effectif termine sa carrière, nuance Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Épuisement

Les raisons qui expliquent ce désir de quitter la profession sont directement liées aux conditions de travail : épuisement et fatigue, tâche trop lourde, mauvaise gestion des employés, révèle le sondage.

Ces « conditions difficiles » sont si connues qu’elles font même l’objet de bouche à oreille chez les futurs profs qui sont sur les bancs d’université, soupçonne Mme Renaud. Le sondage ne permet toutefois pas de dire si la situation est pire à la CSDM qu’ailleurs.

De son côté, Mme Harel Bourdon admet qu’enseigner à Montréal est souvent un défi puisque beaucoup d’écoles sont en milieu défavorisé ou multiethnique et que la concurrence du privé y est forte.

Elle souhaiterait donc que le gouvernement tienne compte de cette « particularité » pour financer davantage ses écoles.

« Coup de barre »

Le décrochage des enseignants est un phénomène déjà connu à travers le Québec. Plusieurs études constatent qu’un prof sur quatre quitte la profession après cinq ou sept ans de carrière.

Il est donc urgent de donner un « coup de barre » aux conditions de travail des enseignants, croit Catherine Renaud.

Pour ce faire, il faudrait offrir davantage de services adéquats pour les élèves en difficulté. Il s’agit du « facteur de mieux-être » qui est revenu le plus souvent dans les réponses au sondage, particulièrement chez les profs du primaire.

L’idée d’abolir les six premiers échelons du salaire des enseignants n’est pas non plus mauvaise, explique Mme Renaud. Il s’agit d’un facteur « déterminant », même s’il n’est pas le premier cité par les profs.