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Lemieux-Alvarez? N’importe quand!

Spike O’Sullivan a goûté à la médecine de David Lemieux dès le round initial.
Photo AFP Spike O’Sullivan a goûté à la médecine de David Lemieux dès le round initial.

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David Lemieux a le don de retomber sur ses pieds quand on pense que sa carrière plafonne. Un knock-out au premier round contre l’Irlandais Spike O’Sullivan a ramené Lemieux à une toute petite marche des plus grands de la division des moyens.

Que demander de plus ? La WBA avait déjà annoncé que le gagnant du combat serait le challenger obligatoire au titre du gagnant entre Canelo Alvarez et Gennady Golovkin. On le sait depuis minuit et dix, c’est Canelo qui a gagné ce duel extrêmement serré.

Que demander de plus ? HBO veut un combat vendeur pour Canelo Alvarez. Les deux knock-out contre Curtis Stevens et Spike O’Sullivan ont été administrés par David Lemieux devant les caméras de HBO. Lemieux a été spectaculaire contre un adversaire crédible qui à Las Vegas touchait le double de la bourse de Lemieux. La vente est déjà faite.

Que demander de plus ? Cette fois, David Lemieux était fin prêt pour un combat. Pour la première fois en plusieurs années, il était remis de ses blessures qui minaient ses performances. Pas de blessures aux mains ni aux épaules, et son genou fragile qui lui a beaucoup nui dans le passé était enfin guéri.

Pas de bourrelets

Mais surtout, David Lemieux et son équipe ont beaucoup mieux géré son contrôle de poids. Le naturopathe Danik Legault a de toute évidence fait un bon travail avec son client. Et surtout, Lemieux, qui n’est pas un client facile et qui a tendance à faire à sa tête, avait suivi ses directives à la lettre.

Contrairement à ses derniers combats, quand Lemieux se vidait littéralement de toutes ses énergies pour tenter de faire le poids, il est monté dans le ring solide comme le roc à 179 livres... de muscles. Les petits bourrelets d’avant-match avaient disparu. Il était bien dans son corps, ça paraissait.

Ça ne veut pas dire que David Lemieux va battre Canelo Alvarez si Golden Boy Promotions organise le combat. Même si Alvarez est pratiquement un boxeur « autonome », c’est quand même avec Oscar De La Hoya que les liens d’affaires sont tissés serré. Et on le sait, aux États-Unis, les droits de promotion de Lemieux appartiennent à Golden Boy, en collaboration avec Eye of the Tiger Management.

C’est écrit dans le ciel

À moins de revivre la triste histoire « Eleider Alvarez-Adonis Stevenson » qui a duré près de deux ans, où les droits de promotion appartenaient au même promoteur incapable de s’entendre avec lui-même, une bataille entre David Lemieux et Canelo

Alvarez est certainement une très forte possibilité. En fait, c’est écrit dans le ciel. Surtout que le patron d’Eye of the Tiger Management,

Camille Estephan, est acharné dans ses négociations.

D’ailleurs, si Lemieux a touché moins d’argent que Sullivan aux États-Unis, j’estime qu’avec les pourcentages négociés en faveur de Lemieux sur les revenus de la télévision payante au Québec et au Canada, Lemieux va s’en tirer fort bien.

Quand même, ce sacré David... pas tuable.

 

J’avais Golovkin gagnant

En fait, c’était un combat quasiment impossible à scorer. Canelo Alvarez a porté plus de coups en puissance, Gennady Golovkin a placé son jab beaucoup plus souvent.

Par contre, les juges américains accordent beaucoup d’importance à l’agressivité, et sur cet aspect, Canelo Alvarez a été l’agresseur plus souvent, forçant Golovkin à se battre en contre-attaque.

Si on accorde quelques points pour le contrôle du ring, il se peut qu’un juge arrive à un pointage favorable à Canelo.

J’étais installé au bar de l’Entourage, à Lac-Beauport, et il est bien entendu que l’ambiance environnante joue un rôle moins important que pour les juges collés sur le ring avec une foule passionnée derrière eux.

C’est pourquoi, même en notant avec attention chacun des rounds, j’étais loin d’être convaincu que ma vision du combat était juste et absolue.

Mais quand même, j’avais Golovkin gagnant 115-113.

À Las Vegas, dans les toutes premières rangées de la section média ringside, Mathieu Boulay et ses voisins immédiats, incluant Dan Rafaele d’ESPN, avaient tous un combat nul sur leurs cartes de pointage : 114-114.

Si je me fie aux textos de Michel Hamelin, le big boss de la boxe au Québec, il avait Canelo Alvarez en avance...

Les guerres de Golovkin

J’avais Golovkin, mais personne ne peut parler d’un vol. Les 36 ans de « GGG » ont commencé à paraître. Ou bien Canelo Alvarez est vraiment un très grand boxeur. Peut-être que les deux affirmations sont vraies.

Le jab de Golovkin a été très présent, mais il m’a semblé moins vif, moins aiguisé que dans ses plus grandes années. En vieillissant, un boxeur ne perd pas ses coups de puissance en premier. C’est la vitesse et l’acuité des réflexes qui diminuent. Sans doute que Golovkin, qui a livré 300 combats amateurs avant d’entreprendre une extraordinaire carrière professionnelle, paye le prix de toutes ces guerres livrées contre les meilleurs au monde.

Ce sera donc David Lemieux contre Canelo Alvarez...

Oh ! Que je l’espère !

Pas de mariage en vue, je serai là...