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Opéra de Montréal : la vengeance du bouffon

Opéra de Montréal : la vengeance du bouffon

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Pour sa première samedi soir, l’Opéra de Montréal ouvrait sa saison avec un incontournable : Rigoletto de Giuseppe Verdi. De cette œuvre, dont il est  question, de vengeance mal calculée et d’amour filial, un air est passé à l’histoire : La donna e Mobile.

Entre les décors somptueux et les costumes d’époque, la table était mise pour une belle soirée,  malgré quelques bémols. Dans le rôle du bouffon cynique, le baryton canadien James Westmann, s’en tire assez bien. Plus torturé qu’amuseur public, sa voix porte, sans toutefois réussir à nous émouvoir, et son jeu, parfois maladroit , «  plombe » l’action et le propos qui, entre les lignes, peut être cruel.


Pour le duc et la jeune Guilda.
Sans avoir le panache de Luciano Pavarotti, le ténor américain René Barbera campe avec force et parfois insistance, son rôle du Duc de Mantoue. Enjôleur, sans foi ni loi, courant le guilledou , bref, un dragueur invétéré, tout lui sied à merveille. La voix porte bien, malgré de légères imprécisions dans les aigus et son jeu scénique  est impeccable. À ses côtés, la jeune soprano Myriam Leblanc fait son nid dans l’amoureuse bernée, oie blanche tombée dans les griffes du duc.  Par contre, la mise en scène est parfois boiteuse, avec ses longueurs et son manque de tenue donne l’impression d’assister à une générale ou un produit non fini. De cet opéra, nous pouvons affirmer que le grand gagnant se situe dans la partition musicale, avec son chef Carlos Montanaro. Jamais solennelle dans son approche, la partion s’avère éclatante, presque éblouissante.


Jusqu’au 22 septembre. 19 h 30, à la salle Wilfrid-Pelletier