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Atteint du Parkinson, il parcourt 2200 km à vélo

Pendant son périple à vélo, François Guérin a traversé Val-d’Or, Lac-Parent, Miquelon, Chapais, Ashuapmushuan, Saint-Félicien, Saguenay, Rivière-du-Loup, Rimouski, Cacouna, Montmagny, Québec, Victoriaville, Sherbrooke, Granby, Montréal (où j’ai pris la photo jeudi dernier), Montebello, Mont-Tremblant et Saint-Sauveur.
Photo courtoisie Pendant son périple à vélo, François Guérin a traversé Val-d’Or, Lac-Parent, Miquelon, Chapais, Ashuapmushuan, Saint-Félicien, Saguenay, Rivière-du-Loup, Rimouski, Cacouna, Montmagny, Québec, Victoriaville, Sherbrooke, Granby, Montréal (où j’ai pris la photo jeudi dernier), Montebello, Mont-Tremblant et Saint-Sauveur.

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François Guérin souffre du Parkinson depuis dix ans, mais il est probablement plus en forme que vous ! Pendant les vingt jours d’une tournée à vélo de quelque 2200 km — jusqu’à samedi dernier —, l’homme de 59 ans a bravé le froid, la pluie, le vent et les ours.

Autour de lui pendant son périple s’affairait une équipe de gens pour la plupart diagnostiqués Parkinson. Sa prouesse a suscité une hospitalité équivalente. Partout, le cycliste s’est fait chaleureusement recevoir, nourrir (avec des pâtes, pour l’énergie) et loger par des compatriotes de maladie ou leurs proches.

Le Parkinson gruge le système neuronal ; la médicamentation ralentit la progression, sans guérir. Stigmate social : en public, les malades ont souvent droit à des regards chargés de reproches ou de mépris parce qu’ils passent pour saouls. Élocution traînante, démarche mal assurée ; leur posture, leur gestuelle évoquent l’intoxication éthylique. « On a pris un petit verre de trop !? » demande-t-on parfois à François Guérin. Exaspérant ! Mais impossible de détromper tout le monde ! Chacun peut se demander : ai-je déjà vu tituber un « ivrogne » qui était en réalité un malade ? Pourquoi pas un signe pour identifier le Parkinson à l’instar de la cane blanche pour l’aveugle?

Jeunes Parkinson

Seul un cas sur dix ou vingt se déclare avant cinquante ans. « Pour le grand public, c’est une maladie de vieux caractérisée par des tremblements incontrôlables », déplore Linda Bérard, diagnostiquée il y a six ans à l’âge 44 ans. (Jeune Parkinson, elle s’avère également sujette à son lot de « Vous avez pris un petit coup, madame ? ») Mme Bérard a cofondé le site Entraidonsnous.ca et contribué à la planification de la tournée de François Guérin. Baptisée Vélo Espoir 2018, elle se rendait dans plusieurs antennes régionales de Parkinson-Québec. Son but : démontrer le pouvoir du sport pour tenir tête à la maladie.

Rencontrer une foule de gens atteints du Parkinson fut une expérience bouleversante pour François Guérin et Linda Bérard. Se côtoyaient des malades à tous les stades de la maladie, certains fraîchement diagnostiqués, d’autres gravement affectés.


Plus facile à vélo

Impuissante contre le Parkinson en tant que tel, l'activité physique contrecarre certains de ses effets. « Ça permet au cerveau et au système neuromusculaire d’optimiser diverses compensations qui facilitent un mouvement plus fluide », m’explique le docteur Louis-Éric Trudeau du département de neuroscience de l’Université de Montréal. « Le vélo semble activer des circuits moteurs qui passent outre aux déficits d’initiation du mouvement typiques de cette maladie », ajoute-t-il. Il me montre la vidéo d’un patient tremblotant incapable de tenir debout, mais — c’est contre-intuitif — très à l’aise sur une bicyclette.

Encadré : Si vous voulez leur serrer la main, François Guérin et Linda Bérard seront présents au Parcours Parkinson Montréal-Laval 2018 le dimanche matin du 30 septembre au parc Lafontaine. Des marcheurs et des coureurs y récolteront des dons. Renseignements : parkinsonquebec.ca