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Quelle campagne électorale ennuyante !

Quelle campagne électorale ennuyante !
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Qu’on me comprenne bien.

Je n’ai pas besoin que les politiciennes et politiciens se déguisent en clown, fassent des « steppettes » ou des jeux de mots douteux pour attirer mon attention.

Je n’ai pas besoin de les voir s’humilier en jouant maladroitement au hockey dans la rue, comme l’a fait un certain Stéphane Dion.

Je n’ai pas non plus le désir de les voir se lancer des blagues assassines pour me prouver qu’ils sont fortes et forts, autoritaires et supérieurs(es), à la Jean Charest d’une certaine époque.

Mais j’ai besoin de les sentir humains.

Au-delà des promesses à courte vue, il me semble que le tout manque de réels discours empathiques, d’identification avec les électrices et électeurs.

J’ai besoin, avant de leur confier mon vote, qu’ils me fassent ressentir un petit quelque chose, autant intellectuellement qu’émotionnellement.

J’ai besoin qu’on mette un frein aux réponses creuses qui nous font ressentir un « pas tellement » collectif. 

Est-ce que c’est seulement moi qui a l’impression que la campagne est fade, sans trippe, à quelques exceptions près ?

Un calendrier en marge des émissions de grandes écoutes

Je suis de la trempe de celles et ceux qui croient et ont vérifié à maintes reprises que l’humour est un excellent véhicule, quand il est bien préparé (et j'insiste sur ce point !), pour faire circuler des messages sérieux, qu’ils soient d’ordre économique, social, éthique, etc.

Un véhicule qui peut à la fois faire appel à l’intellect et aux émotions.

Un véhicule qui peut faire changer l'ordre des priorités en campagne électorale, qui a le pouvoir de faire tomber les masques.

On raconte qu’il y a beaucoup d’humour dans les rassemblements du PQ, que Lisée est un véritable artiste du stand up et qu’un journaliste de The Gazette, qui suit la campagne avec un brin d’humour, est la coqueluche de son autobus.

On était déjà assez au courant de l’humour au PQ, notamment avec ses affiches et son slogan de campagne. Mais à part de ça ? Et est-ce que l’humour va au-delà de l’autobus, tant au propre qu’au figuré ?

Parmi les voies pour faire circuler les véhicules humoristiques intellectuels et sociaux, on retrouve les émissions de fin de soirée et d’infodivertissement.

Mais cette campagne a été déclenchée avant que ces émissions ne reviennent en ondes.

Résultat : pour plus de la moitié de la campagne, nous avons été nourris strictement aux cassettes, aux discours préparés d’avance, à une prise de risque minimum, à 50 nuances de gris et de beige.

Et les partis ne se sont pas jetés sur le Web pour compenser... à l’exception de Québec Solidaire.

Alors, comment sait-on si nos futurs dirigeantes et dirigeants sont humains et empathiques ? Comment peut-on les confronter en dehors de leurs modes de livraison gris et cravatés ?

Une chance qu’Infoman est de retour et qu’on a eu quelques interventions à La soirée est encore jeune. J’attends la suite avec impatience.

L’utilité de l’humour en politique pour les citoyens et citoyennes

À celles et ceux qui croient que l’humour détourne la société « des vraies affaires », je vous confirme le contraire : un contexte qui est moins sérieux nous montre très souvent le vrai visage de ceux et celles qui nous dirigent.

Quand Stephen Harper a fait jeter dehors d’une conférence de presse une comédienne d’une émission satirique de CBC, on a rapidement compris qu’il était du style colérique et hyper contrôlant. Constatant sa gaffe, il a vite fait d'accorder une entrevue à la dame, mais l’erreur était faite.

Quand le Daily Show with Jon Stewart a dénoncé le discours ignare et condescendant de certains politiciens sur les timbres alimentaires, ceux-ci se sont rapidement et publiquement récusés.

Ces contextes plus ludiques, plus créatifs, nous permettent de distinguer ceux qui jouent un rôle de ceux qui sont francs, ceux qui sont impulsifs de ceux qui sont posés, ceux qui sont des jongleurs maladroits avec leurs propositions de ceux qui sont convaincus.

Alors que les pourcentages d’indécis et de votes « mous » sont encore élevés, il me semble que, définitivement, cette campagne manque grandement d’humour, afin que l’on puisse réellement peser le sérieux des candidates et candidats.