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Le rocky de la politique

Le rocky de la politique
Sébastien St-Jean / Agence QMI

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Dans les années 80, Sylvester Stallone a popularisé le personnage de Rocky, un boxeur à la détermination inébranlable, peu importe le nombre de coups qu’il pouvait recevoir de ses adversaires. 
 
Avant d’entrer au débat de TVA hier soir, François Legault était dans les câbles.  Il a montré au cours des deux heures du débat la ténacité et  la pugnacité qui avait fait de lui le vainqueur des débats de 2012 et 2014. 
 
Ses formules incisives ont rappelé le triste bilan du Parti libéral et placé sur la défensive Philippe Couillard.   Des attaques comme « Les seuls qu’on veut expulser du Québec, ce sont les libéraux », vont marquer les esprits jusqu’au 1e octobre. 
 
Le PQ n’est plus dans la course
 
Jean-François Lisée s’est attiré de la sympathie en début de campagne pour avoir fait preuve d’une belle énergie. L’autodérision des publicités du PQ et le rythme effréné des sorties de son chef avaient de quoi attirer l’attention. 
 
Malgré tout, la campagne de Lisée stagne. Sondage après sondage le PQ est toujours autour de 20%. S’agiter dans tous les sens et faire des blagues dignes des cabarets des années 30, c’est sympathique, mais ce n’est pas suffisant pour se présenter comme le prochain premier ministre. 
 
Or, la prestation de Lisée lors du débat d’hier soir avait tout d’un suicide politique. Son attaque alambiquée sur l’organigramme de QS lors d’une question portant sur la santé était surréaliste. L’idée de boxer avec l’arbitre Pierre Bruneau est une stratégie puérile. Ces quelques minutes  auront probablement achevé de couler sa campagne. 
 
Le pire adversaire de Lisée dans cette campagne, c’est Lisée. 
 
Couillard déconnecté 
 
Philippe Couillard a la réputation d’être un homme brillant, mais froid. Son incompréhension de la réalité des Québécois est telle qu’il a déclaré qu’une famille pouvait se nourrir avec un budget de 75$ par semaine.  
 
Le débat d’hier n’a rien fait pour changer son image. Il s’est montré toute la soirée insensible aux coupures qu’il a fait subir aux enfants et aux aînés. Il est en plus apparu comme un donneur de leçons, une attitude qui irrite les Québécois de plus en plus. 
 
Il n’est pas étonnant que son gouvernement atteigne des sommets d’impopularité, le taux d’insatisfaction tournant autour de 70% depuis plusieurs mois. 
 
Legault et son équipe
 
Il reste moins de 10 jours avant le scrutin. Legault embarque dans le ring pour le dernier round. 
 
La CAQ est au coude à coude avec les libéraux. C’est le seul parti qui peut prétendre battre les libéraux. 
 
Depuis quelques jours, Legault sort de sa manche un atout indéniable : la qualité des membres de son équipe, comme autant de « jabs » au corps de ses adversaires. 
 
Couillard est toujours debout, mais il est ébranlé, vacillant sur la corde usée de sa fin de régime. 
 
La cloche va bientôt sonner.  Habituellement, Rocky sort vainqueur.