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Rire dans sa barbe

Rire dans sa barbe
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Même s’il n’est pas sorti gagnant des débats face-à-face, Philippe Couillard doit jubiler ce matin, car les échanges décousus des débats ne lui auront fait perdre aucun point. La CAQ a retrouvé un semblant de sérieux qui freinera une descente trop vertigineuse. La principale force de nuisance du Parti Québécois, en l’occurrence QS, a surpassé les attentes de l’auditoire, pendant que Jean-François Lisée ne réussissait pas à s’imposer à un moment crucial où il se devait de faire le plein.

La confiance est revenue dans les rangs du PLQ à la lumière des derniers sondages et elle découle principalement de la division des votes d’opposants plus particulièrement chez les francophones. Le PLQ s’avère le parti qui profite le plus de cette division et qui a intérêt à ce qu’elle persiste. Les cafouillages de François Legault ont réduit considérablement son avance et le PLQ compte qu’il puisse s’affaiblir encore un peu, sans connaître une dégringolade, pour le devancer. Une certaine vigueur péquiste le sert bien en ce sens, mais il ne faudrait pas qu’elle se transforme en une puissance incontournable semblable au scénario de la dernière élection fédérale. Les tergiversations du chef péquiste avec Manon Massé étaient inutiles et n’ont fait qu’alimenter la division du vote si cher aux libéraux.

Il est difficile de comprendre l’acharnement du leader péquiste sur le menu détail à un moment où les yeux se tournaient vers lui après la semaine exécrable de la CAQ et les appréhensions croissantes de voir les libéraux reprendre le pouvoir. Connaissant l’homme, il est difficile de croire qu’il a cédé sous la pression, il faut plutôt penser que ses lubies ont pris le dessus à un bien mauvais moment. S’acharner sur la gouvernance occulte de QS s’avérait inutile même si ce sont des questions et des inquiétudes qui s’expriment dans les corridors en insinuant que le parti est mené par un politburo digne de l’ère soviétique. L’électeur ne s’en soucie tout simplement pas pour le moment, pas plus qu’il ne se soucie de la gouvernance nébuleuse des autres partis.

Quelques collègues craignent un règne permanent des libéraux à cause des divisions chez les francophones et les débats d’hier n’ont rien fait pour les rassurer. Le match attendu n’a pas eu lieu et la lutte continue de se maintenir entre un PLQ ragaillardi et une CAQ proche parente des libéraux, si ce n’est qu’elle compte sur le populiste avec l’immigration et les valeurs traditionnelles.

Monsieur Lisée a mal amorcé son sprint dans ce dernier droit, il lui faudra redoubler d’énergie pour espérer se démarquer dans les prochains jours.