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La démesure à travers les géants

Pantagruel
Photo courtoisie, Andréanne Gauthier

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Vous souvenez-vous des personnages légendaires de votre enfance, Pantagruel, fils du géant Gargantua ? Voilà l’occasion de renouer avec l’œuvre et ses personnages ou de les découvrir au Théâtre Denise-Pelletier dans une relecture de ce texte de Rabelais vieux de presque 500 ans.

C’est l’auteur Gabriel Plante qui a tenu à reprendre l’œuvre de Rabelais, auteur français du Moyen Âge, aussi gigantesque que ses personnages, pour en faire une relecture.

« L’auteur a puisé dans l’œuvre de Rabelais, pour en faire ressortir toute la philosophie, l’humour et la critique sociale », explique le comédien Renaud Lacelle-Bourdon, qui campera le personnage Ponocrates qui est l’enseignant, celui qui transmet le savoir.

Parmi les personnages, on découvrira l’histoire de Pantagruel, le géant insatiable qui quitte Utopie, son royaume, dans le but d’acquérir une éducation dans diverses universités de Paris. « Rabelais n’était pas très aimé à son époque, car il osait critiquer la religion, entre autres », fait remarquer le comédien.

L’œuvre originale met en lumière les nuances entre la France au Moyen Âge et la France à la Renaissance. Dans cette nouvelle mouture, des changements ont été apportés. « On parle en québécois soutenu, souligne Renaud Lacelle-Bourdon. Nous aurons néanmoins, une touche de médiéval. »

Le Pèlerin

Tout au long de la pièce, on suivra un pèlerin, interprété par Paul Ahmarani, à travers un long périple. Ne voulant plus vivre dans un monde absurde, il va décider de se jeter dans le ventre du géant Pantagruel. Si au départ il s’imagine se trouver dans un univers idéal, sa joie sera de courte durée. Rapidement, la déception suivra. « Le pèlerin finit toujours par être insatisfait de ce qu’il croise sur sa route : la science, l’amitié, l’amour de sa vie... Les choses idéales lui tombent dans les bras, mais flétrissent dès qu’il les touche », indique Gabriel Plante.

Nous sommes évidemment dans l’utopie, c’est-à-dire dans une construction imaginaire d’une société, aussi étrange soit-elle.

« L’humain est obsédé par l’amélioration de ses conditions, c’est presque un réflexe », renchérit le metteur en scène Philippe Cyr qui a également signé la mise en scène de la pièce de Christine Beaulieu, J’aime Hydro.

Démesure dans l’humour

Est-ce que l’œuvre des années 1500 est toujours pertinente aujourd’hui ? Bien que l’équipe estime que oui, il est légitime d’en douter. Chose certaine, c’est à travers l’humour que les spectateurs devraient y comprendre quelque chose. D’ailleurs, l’humour et l’imagination sont la signature de Rabelais. À cela s’ajoute une dose de vulgarité qui ne plaira pas assurément à tous les spectateurs. « La démesure se situe dans un humour corsé », conclut le comédien.

Si personne n’interprète Rabelais sur scène, on entendra sa voix à travers celle de Dany Laferrière.

Par ailleurs, on retrouvera Renaud Lacelle-Bourdon sur les planches du Prospero dans la pièce Platonov amour haine et angles morts en novembre prochain.

Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel

♦ Adaptation : Gabriel Plante, d’après l’œuvre de François Rabelais

♦ Mise en scène : Philippe Cyr

♦ Distribution : Paul Ahmarani, Cynthia Wu-Maheux,

♦ Renaud Lacelle-Bourdon, Nathalie Claude

♦ Du 26 septembre au 20 octobre

♦ Au Théâtre Denise-Pelletier (salle principale)