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Annuler avec le Parti nul

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Sans promesse, sans proposition, sans faire campagne et sans faire rire, le Parti nul compte attirer le vote des électeurs québécois.

Il a ainsi comme seul objectif de faire reconnaître le droit à un vote d’abstention.

«L’ajout d’une case nulle sur le bulletin de vote, c’est la fonction officielle unique du parti. Le but, c’est de comptabiliser le vote d’insatisfaction», a dit son chef Renaud Blais en entrevue téléphonique.

Mais le fondateur de cette formation créé en 2009 estime néanmoins qu’un vote pour son parti traduit un mécontentement.

«Je veux que ce cri du cœur soit entendu. On n’est pas un parti nihiliste. Les gens sont très insatisfaits de l’offre politique ou de la manière dont la campagne est menée. Ils souhaitent des réformes pour qu’une démocratie véritable soit mise en œuvre. Ce n’est pas un phénomène propre au Québec, mais qui se retrouve partout en Occident. La démocratie représentative est très usée. Elle n’est plus apte à répondre aux aspirations politiques de la population», a précisé ce professeur de philosophie de cégep de la région de Québec.

Il ajoute que son parti n’a pas pour mission de proposer des solutions, mais d’encourager des débats. Renaud Blais évoque tout de même des pistes de discussions comme des référendums d’initiative populaire, la réforme du mode de scrutin, un mécanisme pour destituer des élus durant leur mandat et même la sélection des députés par un tirage au sort!

Le parti compte sur des candidats dans 16 circonscriptions.

Les coffres se garnissent

Au scrutin de 2014, cette formation politique a obtenu 7539 votes, soit 0,18% des bulletins valides. Elle a ainsi devancé des partis comme le Bloc pot et le Parti marxiste-léniniste du Québec.

Le Parti nul a donc récolté des allocations publiques versées en proportion du pourcentage de vote obtenu. Avec ses quelque 16 000$ obtenus en 2017, il avait 61 953$ dans ses coffres au 31 décembre dernier, selon son rapport comptable annuel fourni au Directeur général des élections du Québec.

«L’argent dort dans un compte en banque. On sauve l’argent des contribuables, sauf pour les frais de vérification comptable exigée par le Directeur général des élections», a précisé Renaud Blais qui souligne qu’un vote pour sa formation permet ainsi d’éviter que les autres partis se partagent les sommes laissés sur la table par les votes blancs ou rejetés.

Il s’est toutefois dit ouvert à ce que son parti dépense ses fonds pour des consultations en vue de mettre en œuvre des réformes démocratiques.

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