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C’est assez, les lapins!

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Alléluia ! Un gouvernement a enfin décidé de prendre les mesures nécessaires pour combattre le virus de la rectitude politique qui est en train de gangrener nos universités.

En Ontario, les universités ont jusqu’au 1er janvier pour adopter une politique visant à protéger la liberté d’expression sur leurs campus.

Celles qui refuseront de le faire verront leurs subventions réduites.

Fini, le niaisage !

MESURES DISCIPLINAIRES

« Les collèges et les universités doivent être des lieux où les étudiantes et étudiants peuvent échanger des idées et des opinions différentes dans le cadre de débats ouverts et respectueux », a déclaré le premier ministre Doug Ford par voie de communiqué.

En d’autres mots : si tu es un petit lapin hyper sensible et que tu es trop fragile pour être exposé à des idées avec lesquelles tu n’es pas d’accord, eh bien, ne t’inscris pas à l’université et reste dans ta tanière avec papa et maman.

Les institutions d’enseignement supérieur ne sont pas des garderies où l’on enrobe les enfants dans du papier bulle pour éviter qu’ils se blessent.

Ce sont des arènes où l’on encourage les débats d’idées.

Tu n’es pas d’accord avec les idées véhiculées par un intellectuel qui a été invité à prononcer une conférence à ton université ? Sa vision du monde heurte tes convictions ? Tu le trouves trop à droite ?

Ne va pas l’écouter, alors.

Mais n’essaie pas de le censurer.

Sinon, tu t’exposeras à des mesures disciplinaires.

DES NAZIS SUR LE CAMPUS ?

Comme on pouvait s’y attendre, la gogauche a déchiré sa chemise à col Mao et dénoncé la décision de Doug Ford.

« Les Ontariens craignent que ce décret concernant les règles sur la liberté d’expression dans les campus ouvre la porte à des groupes qui tiennent des propos haineux », a dit Chris Glover, le porte-parole néo-démocrate pour les collèges et les universités.

Ah, s’il vous plaît ! Il ne s’agit pas d’inviter des néonazis dans les universités !

Juste de laisser des intellectuels intelligents débattre entre eux !

C’est quand même savoureux de voir un premier ministre conservateur défendre la liberté d’expression, et des gauchistes supposément ouverts regretter le bon vieux temps où ils pouvaient intimider, harceler et censurer les gens qui ne pensaient pas comme eux !

LES LAPINS CRÉTINS

Il y a quelques mois, une conférence que mon confrère Mathieu Bock-Côté devait prononcer à l’UQÀM a été annulée à la suite de la pression d’étudiants « offusqués ».

« Nous sommes contre l’instrumentalisation de la liberté d’expression lorsque celle-ci sert à tenir des propos oppressifs », avait affirmé (sans rire) l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQÀM.

Pour cette association, les étudiants ont le droit d’utiliser tous les moyens possibles pour empêcher que soient entendues sur leur campus des personnes qui disposent déjà d’« une tribune publique importante » quand « leurs propos sont haineux, appellent à la violence, justifient la violence ou remettent notre existence en question ».

Rappelons qu’en mars 2008, trois étudiants de cette association ont été suspendus pour avoir commis des actes de vandalisme et avoir mis la sécurité du personnel de l’université en danger.

Mais j’imagine que leurs actes violents étaient justifiés...

Rien de plus terrifiant qu’un petit lapin fâché.