/opinion/blogs/columnists
Navigation

Lisée avait finalement raison

Lisée avait finalement raison
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Coup d'oeil sur cet article

J’étais parmi ceux qui ont tancé Jean-François Lisée pour s’être égaré dans un questionnement compliqué avec Manon Massé sur le vrai chef de QS et sur la crédibilité de leurs porte-paroles dans la présente campagne. J’y voyais comme certains l’expression d’un ressentiment conséquent d’une entente avortée sur la convergence, mais Lysianne Gagnon et Denise Bombardier, qui ne peuvent être  qualifiées de fans du chef péquiste, recevaient positivement l’effort de Lisée pour faire la lumière sur la véritable nature de QS. La suite des évènements leur a passablement donné raison.

Les heures suivant le débat nous ont amené quelques surprises, comme pour donner également raison à Mario Dumont qui supposait que la manœuvre de Lisée entretiendrait les discussions de fin de campagne. Nous apprenions par l’intermédiaire des médias que  le chef sur papier de QS s’avère l’ancien président du Conseil central de Montréal (CSN), Gaétan Chateauneuf, qui a signé tous les bulletins de candidatures avec ce titre. Il niait toutefois qu’il était le chef de quoi que ce soit et affirmait que son nom se retrouve sur le bulletin des candidats de QS strictement pour répondre aux impératifs de la procédure. À QS, il n’y a pas de chef selon ses dires et Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé ne sont que des porte-paroles sans responsabilités autres que de répéter la cassette d’on ne sait trop qui. Cela me rappelle la vie antérieure de Gabriel avec un conflit pourrissant parce qu’il n’était pas capable de s’engager sur des propositions de solution et d’assumer un certain leadership.

Ce sont en fait des intérêts stratégiques qui ont poussé le chef péquiste à semer le doute sur la représentativité au sein de QS pour entrainer les médias à mettre plus de lumière sur la formation politique et la sortir de ce qu’il qualifie de « free ride ». Il n’a pas tort de dire que les porte-paroles de QS échappent à l’écran radar des médias et ne sont pas confrontés comme les autres chefs pour s’expliquer de contradictions apparentes ou de déclarations maladroites. Sa charge apparaît encore plus justifiée lorsqu’on sait que QS n’occupera pas le pouvoir et que la formation nuit principalement au PQ, misant depuis longtemps sur sa disparition pour espérer s’y substituer.

Si on ajoute à cette conjoncture le pourcentage élevé d’indécis à la veille du scrutin, on comprend encore mieux les impératifs qui animaient Jean-François Lisée pour que l’électeur voit QS tel qu’il est, en l’occurrence un parti utopiste à la gouvernance nébuleuse et surtout sans parole.