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Pénurie d’enseignants: ils n'ont toujours pas de prof après un mois d'école

La situation va s’aggraver avec un besoin de 3000 nouveaux enseignants d’ici 5 ans

« Les suppléants ne sont pas assez sévères », disent Liam (à gauche) et Marek devant leur cour d’école. À l’arrière, leurs mères Sofie Barrette (à gauche) et Radka Racova disent manquer d’information pour les aider à rattraper le temps perdu.
Photo Dominique Scali « Les suppléants ne sont pas assez sévères », disent Liam (à gauche) et Marek devant leur cour d’école. À l’arrière, leurs mères Sofie Barrette (à gauche) et Radka Racova disent manquer d’information pour les aider à rattraper le temps perdu.

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Les suppléants se succèdent depuis un mois dans une classe de 5e et 6e année à Montréal, où des centaines d’enfants du primaire étaient toujours sans prof la semaine dernière en raison de la pénurie.

« On a la remplaçante de la remplaçante de la remplaçante, s’impatiente Liam, 10 ans, un élève de la classe de 5e et 6e année de l’école Marie-de-l’Incarnation. On veut un vrai prof ! »

Sur la photo de classe prise jeudi se tient un suppléant... qui partira dès qu’un prof titulaire sera trouvé.

Que le début ?

Les cas comme celui-là risquent de se multiplier dans le futur, la pénurie d’enseignants dans les écoles devenant de plus en plus réelle. Par exemple, le Québec aura besoin de 3000 nouveaux profs au secondaire d’ici cinq ans.

Au début de la semaine dernière, il manquait toujours 27 enseignants titulaires pour des classes de primaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

« Il ne faut pas oublier qu’on a reçu 2000 nouveaux élèves cette année », ce qui revient à recruter une centaine de nouveaux enseignants, explique de son côté la présidente Catherine Harel Bourdon.

« On dessine beaucoup »

En attendant, Marek, 10 ans, se tourne les pouces. « C’est moche, on n’a pas de devoirs. On fait juste de la révision. »

« On dessine beaucoup. On n’apprend rien. C’est plate », abonde Liam.

Marie-de-l’Incarnation a beau être en milieu défavorisé, c’est une bonne école, assurent les parents. « En fait, je ne comprends pas pourquoi un enseignant ne voudrait pas venir à cette école », dit Sofie Barrette, la mère de Liam.

Mais une chose est sûre pour les parents de Liam et Marek : le gouvernement du Québec est le principal responsable. « C’est inacceptable qu’on ait laissé cette pénurie s’aggraver », critique Tom Czerniecki, le père de Marek.

En cette période électorale, les partis rivalisent d’ailleurs de propositions pour revaloriser la profession enseignante.

Pendant ce temps, la directrice doit forcément négliger d’autres tâches pour faire du recrutement, suppose-t-il. Les profs des autres classes sont mobilisés pour soutenir les suppléants. « Donc ça perturbe toute l’école. »

Les parents sont d’autant plus inquiets que la 5e est une année décisive au primaire. C’est en fonction des prochains bulletins que leurs garçons pourront être acceptés dans une école secondaire.

« Je capote, lâche Mme Barrette. Ça ne se peut pas qu’il ne se passe rien. »

De son côté, le ministre de l’Éducation qualifie aussi la situation d’« inacceptable » et rappelle que la responsabilité du recrutement relève des commissions scolaires, selon son cabinet.