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Des «pacotilles» au PLQ, dixit une candidate libérale...

Des «pacotilles» au PLQ, dixit une candidate libérale...
Photo d'archives, Agence QMI

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J’ai d’abord cru à du «fake news».

Puis, j’ai téléphoné à Simon Dominé, le journaliste qui a signé l'article qui a attiré mon attention. M. Dominé est également rédacteur en chef de l’hebdo régional Le Courant des Hautes-Laurentides pour vérifier si la nouvelle était bien fondée. Il m’a aimablement confirmé l'authenticité de la nouvelle, dont le titre est: «La candidate du PLQ saborde sa propre campagne».

Trêve de suspense.

Ce matin, Le Courant rapporte que madame Nadine Riopel, candidate officielle du PLQ dans Labelle, aurait qualifié de «pacotilles» les engagements du chef libéral Philippe Couillard pour ce qui est d'«une région éloignée et défavorisée» comme Labelle.

Comme il est hautement inhabituel - et c'est peu dire -, de voir une ou un candidat s’en prendre ainsi aux engagements du parti qu’elle représente, je me permets de reproduire l’article entier.

Une chose est sûre. Personne ne pourra reprocher à Mme Riopel d’avoir la langue de bois ou de manquer de franchise sur des enjeux majeurs pour les régions plus démunies du Québec ou encore, des thèmes essentiels pour sa population vieillissante. Y compris, les proches aidants, trop souvent eux aussi en manque de services publics.

Une doléance sérieuse qui, dans les faits, rejoint aussi LA priorité de l’électorat québécois, selon tous les sondages : la santé et les services sociaux.

Voici le texte en question de l'article paru dans l'hebdo Le Courant:

***

«Le 20 septembre dernier, la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Labelle, Nadine Riopel, a envoyé au Courant des Hautes-Laurentides un document dans lequel elle critique ouvertement les propositions de son propre parti.

La veille, Mme Riopel avait répondu à l’appel de la Tables des Aînés d’Antoine-Labelle, réunie au Centre d’action bénévole Léonie-Bélanger, afin de lui présenter les propositions du PLQ concernant la sécurité alimentaire, les proches-aidants et la maltraitance aux aînés.

À sa sortie, Le Courant lui a demandé de résumer ce qu’elle avait présenté à l’assemblée pendant la quinzaine de minutes qui lui était impartie.

Combative et volontaire, Mme Riopel semblait toutefois avoir des difficultés à nommer des propositions concrètes.

Elle a admis elle-même son manque de préparation le lendemain dans un courriel qui contenait une liste d’engagements du PLQ fournie par son équipe de campagne.

Les «pacotilles» du PLQ

Désarmante de franchise, Mme Riopel ne s’en est toutefois pas tenue là et a écrit en introduction que «Comme vous pourrez le constater, il n’y a pas beaucoup d’éléments qui correspondent aux réalités de notre région, comme d’habitude»!

Alors que son visage est affiché aux quatre coins du comté sur les pancartes électorales du PLQ, elle qualifie les engagements du Premier ministre sortant Philippe Couillard de «pacotilles» pour «une région éloignée et défavorisée» comme Labelle.

«Les transports en commun gratuits pour les étudiants et les aînés, ça ne convient pas dans notre région, soutient-elle. Des soins dentaires gratuits aux ados et aînés démunis, promet le PLQ, comme si ça pouvait changer les choses!!!»

Mme Riopel explique ne pas avoir été à l’aise lorsqu’on lui a demandé d’expliquer les promesses du PLQ. «(...) ce n’est pas de cette façon que je veux faire de la politique, a-t-elle plaidé. Je préfère de loin baser ma campagne sur l’écoute des besoins des autres. (...). Je suis là pour aider, je souhaite améliorer le sort de mes concitoyens. Pour y arriver, vous devez m’aider et me communiquer vos besoins, plutôt que seulement me demander quelles sont les promesses électorales de mon parti.»

***

«Être à l’écoute» des besoins des citoyens ? Quel beau concept. Si seulement le premier ministre sortant et son ministre de la Santé pouvaient le comprendre, pour vrai.

Dans sa propre présentation comme candidate, Mme Riopel, le disait d’ailleurs déjà, mais autrement :

«Faisons-nous entendre pour que nous ayons une voix herculéenne, car ici, chez nous, nous ne vivons pas les mêmes réalités que les grandes villes du Québec. Nous avons nos propres défis et plusieurs améliorations peuvent être apportées dans notre quotidien

En cela, elle rappelle aussi une tout autre réalité que celle qui se vit au Québec, souvent bien loin des projecteurs des «grandes villes».

Reste à voir si le PLQ acceptera cette critique forte venue de l’intérieur de ses propres rangs.