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Le monde entier se bidonne aux dépens de Trump

World Leaders Address The United Nations General Assembly
AFP

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Depuis son entrée en politique, Donald Trump répète sans cesse que le monde entier rit à la figure des États-Unis et que lui seul peut rétablir le respect que son pays mérite sur la scène mondiale. Aujourd’hui, alors qu’il vantait les réalisations de son administration, il a essuyé les rires incontrôlables de l’Assemblée générale des Nations unies.

En janvier 2016, un journaliste du Washington Post a fait une compilation intéressante: il a relevé 100 occasions où Donald Trump a prononcé la phrase «The world is laughing at us» (le monde se moque de nous). 

Dans presque tous les discours partisans de Donald Trump en cours de campagne électorale le candidat Trump manquait rarement l’occasion de glisser cette critique cinglante à l’égard de ses prédécesseurs. Les États-Unis ne sont pas pris au sérieux. Le monde se moque des États-Unis.

Depuis son accession au pouvoir, le même thème revient constamment lorsqu’il est question de critiquer les politiques de ses prédécesseurs et de justifier le virage à 180 degrés qu’il entend faire dans presque tous les domaines. On le voit ici en juin dernier, par exemple, se plaindre en juin dernier que le monde entier se moque des politiques d’immigration américaines.

Ce matin pendant son discours devant l’Assemble générale des Nations unies, le président Trump a eu droit au juste retour des choses. Après avoir aligné une série impressionnante de faussetés concernant les réalisations de son administration (voir cette enfilade de tweets), Trump a affirmé que son administration avait accompli plus que presque toutes celles qui l’ont précédée. Immédiatement après, on a entendu quelques ricanements dans l’auditoire, qui se sont rapidement transformés en éclats de rire.

De tous les événements des semaines récentes qui ont ajouté à la tension qui pèse sur les épaules du président Trump, de la publication de révélations embarrassantes dans le livre de Bob Woodward à la débandade de la nomination de son favori Brett Kavanaugh comme juge à la Cour suprême, l’humiliation de voir les leaders du monde entier se bidonner à ses dépens devant le monde entier pincera encore plus fortement l’ego de Donald Trump. Cet épisode provoquera peut-être dans les jours qui viennent de nouvelles sautes d’humeur qui risquent de faire dérailler encore un peu plus une présidence déjà passablement amochée. «Stay tuned!»

Non, Monsieur le Président, le monde ne se moque pas de votre pays. Il se moque de vous.

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Pierre Martin est professeur de science politique à l’Université de Montréal et directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines au CÉRIUM. On peut le suivre sur Twitter: @PMartin_UdeM