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Molson Coors forcée de se dissocier d’un festival anarchiste

Le logo du Trou du diable, acquis en 2017, se retrouve sur l’affiche de l’événement

Molson Coors forcée de se dissocier d’un festival anarchiste
Photo d'archives

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Propriété de Molson Coors depuis l’an dernier, la microbrasserie Le Trou du diable de Shawinigan n’a pas aimé être associée à un festival anticapitaliste qui aura lieu la semaine prochaine à Montréal. Elle a demandé en catastrophe aux organisateurs de retirer son logo de l’affiche de l’événement.

Se disant féministe, antifasciste et anticapitaliste, le Revolution Fest VI se tiendra le samedi 6 octobre à la salle Les Katacombes du boulevard Saint-Laurent.

La microbrasserie Le Trou du diable assure qu’elle n’a pas autorisé le Revolution Fest VI à reproduire son logo sur son affiche.
Capture d'écran
La microbrasserie Le Trou du diable assure qu’elle n’a pas autorisé le Revolution Fest VI à reproduire son logo sur son affiche.

Sur le site de l’événement, on trouve des liens vers des groupes anarchistes.

Affiche scatologique

Mais ce que Le Trou du diable n’a surtout pas aimé, c’est le fait que les organisateurs du Revolution Fest ont également produit une affiche sur laquelle on peut lire : « Les partis nous servent la même marde, mais de différents trous de cul. Le 1er octobre, je vote pas ! » La publicité annonce une soirée électorale anarchiste qui servira à financer le Revolution Fest.

Les organisateurs de l’événement sont également derrière une soirée électorale à l’affiche promotionnelle extrêmement provocatrice.
Photo tirée du site internet du Revolution Fest VI
Les organisateurs de l’événement sont également derrière une soirée électorale à l’affiche promotionnelle extrêmement provocatrice.

« Ce n’est pas notre intention de nous associer avec des gens qui ont des propos haineux. On prône la liberté d’expression, mais de dire aux gens de ne pas aller voter, ça ne fait pas partie de nos valeurs », affirme au Journal Louis-Philippe Laroche, responsable des communications et du marketing au Trou du diable.

M. Laroche soutient ne pas avoir donné au Revolution Fest l’autorisation d’utiliser le logo de la microbrasserie.

« On essaie de communiquer avec les organisateurs pour faire enlever notre logo de l’affiche », dit-il. Soulignons toutefois que le logo se trouvait sur la publicité de l’édition de l’an dernier, Revolution Fest V.

Commandite ambiguë

En vertu d’un partenariat promotionnel avec Les Katacombes, Le Trou du diable consent à la salle de spectacles des réductions sur le prix de la bière servie lors de plusieurs événements qui s’y tiennent.

Jean-Philippe Laroche assure que cette commandite ne concerne pas le Revolution Fest, mais il reconnaît qu’il n’est pas facile de tracer la ligne entre les différents événements ayant lieu aux Katacombes.

Le rabais s’applique sur des commandes de bière qui peuvent servir à plus d’un événement, précise M. Laroche. « On ne fait pas systématiquement une évaluation pour chaque événement », explique-t-il.

Le Trou du diable entend revoir ses façons de faire avec Les Katacombes pour éviter toute nouvelle controverse.

Il a été impossible de joindre les organisateurs du Revolution Fest ou les responsables des Katacombes, hier.

Rappelons que l’acquisition du Trou du diable par Molson Coors avait suscité une polémique lorsqu’elle avait été annoncée, en novembre 2017. Des amateurs de bière et les artisans d’autres microbrasseries disaient craindre que Le Trou du diable ne perde son âme dans l’opération.

 

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